Accueil › Comprendre l'air intérieur

Comprendre

Ventilation et VMC, comment l'air circule vraiment chez vous

Elle ronronne au plafond de la salle de bains, on la remarque à peine, et on ne sait pas toujours à quoi elle sert. La ventilation mécanique fait pourtant tourner l'air de toute la maison. Petit tour du propriétaire, des grilles des fenêtres jusqu'au caisson du grenier.

· 6 min de lecture

Bouche de ventilation ronde sur un mur blanc, près d'une fenêtre

Dans beaucoup de logements, la ventilation est la grande inconnue. On connaît la grille qui siffle au-dessus de la fenêtre du salon, la bouche ronde et grisâtre au plafond des toilettes, et ce léger bourdonnement que l'on n'entend plus qu'au milieu de la nuit. Mais le lien entre tout ça reste flou.

Il y a pourtant une logique simple derrière. Commençons par le parcours de l'air.

Le trajet de l'air, des fenêtres à la salle de bains

Une ventilation bien pensée fait voyager l'air dans un sens précis, toujours le même.

  1. L'air neuf entre par les pièces de vie : salon, chambres, bureau. Il passe par les entrées d'air, ces petites grilles fixées en haut des fenêtres ou dans le coffre des volets roulants.
  2. Il traverse le logement en passant sous les portes intérieures, par le petit espace laissé entre le bas de la porte et le sol, qu'on appelle le détalonnage.
  3. Il ressort par les pièces humides : cuisine, salle de bains, toilettes, buanderie. Là, des bouches d'extraction l'aspirent et l'envoient vers l'extérieur par des conduits.

Ce sens de circulation n'a rien d'arbitraire. Les pièces humides produisent de la vapeur et des odeurs : on les place en bout de course, pour que tout parte directement dehors au lieu de se promener dans les chambres. L'air des pièces de vie, lui, est renouvelé en continu par de l'air extérieur.

Tout cela fonctionne jour et nuit, à petit débit. Ce n'est pas un courant d'air, c'est un renouvellement lent et régulier, qui vient compléter les quelques minutes d'aération fenêtres grandes ouvertes du matin et du soir.

Les grandes familles de ventilation

La VMC simple flux

La ventilation mécanique contrôlée, que tout le monde appelle VMC, repose sur un moteur installé dans un caisson, souvent au grenier, dans un faux plafond ou un placard. Il aspire l'air par les bouches des pièces humides. Le simple flux est la version la plus répandue : le moteur fait sortir l'air, et l'air neuf entre tout seul par les grilles des fenêtres, attiré par la légère dépression créée dans le logement.

La VMC hygroréglable

C'est un simple flux plus malin. Les bouches, et parfois aussi les entrées d'air, s'ouvrent plus ou moins selon l'humidité de la pièce. Après une douche, la bouche de la salle de bains s'ouvre en grand ; au milieu de la journée, quand personne n'est là, elle se referme en partie. On évacue davantage quand c'est utile, et on perd moins de chaleur le reste du temps.

La VMC double flux

Ici, deux réseaux de conduits travaillent ensemble. L'un évacue l'air vicié des pièces humides, l'autre souffle de l'air neuf dans les pièces de vie. Les deux flux se croisent dans un échangeur, sans se mélanger : l'air sortant, tiède, réchauffe l'air entrant, froid. En hiver, l'air qui arrive dans le salon est donc déjà tempéré. Il n'y a pas d'entrées d'air sur les fenêtres, mais des bouches de soufflage au plafond ou en haut des murs, et des filtres qui retiennent poussières et pollens à l'entrée.

La ventilation naturelle des immeubles anciens

Dans beaucoup d'immeubles d'avant les années 1970, pas de moteur du tout. L'air entre par des grilles basses ou par les défauts d'étanchéité des fenêtres, et il ressort par des conduits verticaux qui montent jusqu'au toit, grâce au tirage naturel : l'air chaud, plus léger, monte et s'échappe. On reconnaît ce système à ses grilles fixes, souvent rectangulaires, dans la cuisine et la salle de bains. Il fonctionne mieux en hiver qu'en été. Et il déteste qu'on bouche ses grilles.

Entretenir sans y passer ses week-ends

Une ventilation encrassée tourne, fait du bruit, mais ne fait plus grand-chose. L'entretien courant est pourtant à la portée de chacun.

Le calendrier du logement bien ventilé

  • Tous les trois mois environ : démonter les bouches d'extraction (elles se déclipsent ou se dévissent d'un quart de tour), les laver à l'eau tiède savonneuse, bien les sécher, les remettre en place. Ne pas mouiller la partie électrique d'une bouche hygroréglable ou temporisée.
  • Deux à trois fois par an : dépoussiérer les entrées d'air des fenêtres, à l'aspirateur ou avec une brosse douce, sans les démonter si elles résistent.
  • Selon la notice, souvent deux fois par an : changer ou nettoyer les filtres d'une VMC double flux. Un filtre gris et feutré freine tout le système.
  • Tous les quelques années : faire vérifier le caisson, le moteur et les conduits par un professionnel, qui contrôle les débits et nettoie le réseau si besoin.

Un test tout simple pour savoir si une bouche aspire encore : approcher une feuille de papier toilette. Elle doit se coller à la grille. Si elle tombe mollement, c'est que la bouche est encrassée ou que le moteur fatigue.

Les erreurs les plus courantes

Elles partent presque toujours d'une bonne intention.

Couper la VMC. Pour économiser un peu d'électricité, ou parce qu'on la trouve bruyante. Or elle est conçue pour tourner en permanence, et sa consommation est modeste. Arrêtée, elle laisse s'accumuler la vapeur, les odeurs et le gaz carbonique que nous rejetons en respirant. Les vitres ruissellent, les angles noircissent, et l'humidité s'installe dans les murs.

Boucher les entrées d'air. Un soir de janvier, on sent un filet d'air froid au-dessus de la fenêtre et on colle un morceau de ruban adhésif. Résultat : la VMC aspire toujours, mais l'air neuf ne peut plus entrer par le bon chemin. Il passe alors par la porte palière, les gaines techniques, la cheminée. Si le bruit dérange, il existe des entrées d'air acoustiques que l'on peut installer à la place.

Supprimer le détalonnage des portes. En posant un nouveau parquet ou en changeant les portes, on ajuste parfois celles-ci au ras du sol. L'air ne peut plus passer des chambres vers la salle de bains, et la ventilation tourne en vase clos. Un centimètre et demi à deux centimètres sous chaque porte suffisent en général.

Rénovation et isolation : plus c'est étanche, plus ça compte

Changer ses fenêtres, isoler les combles, calfeutrer les portes : ces travaux rendent le logement plus confortable et moins gourmand en chauffage. Mais ils suppriment aussi tous les petits courants d'air qui assuraient, sans le dire, une partie du renouvellement de l'air.

Plus une maison est étanche, plus sa ventilation doit être efficace. Un logement très bien isolé avec une ventilation absente ou en panne devient vite humide et confiné, avec une concentration de gaz carbonique qui grimpe dans les pièces occupées, comme nous l'expliquons dans notre article sur le CO2 dans les pièces fermées.

Avant un chantier de rénovation, on intègre donc toujours la ventilation au projet : vérifier qu'elle existe, qu'elle fonctionne, et que les nouvelles fenêtres sont bien équipées d'entrées d'air si le logement fonctionne en simple flux.

En location, qui fait quoi

Le partage est assez simple. Le locataire assure l'entretien courant : laver les bouches, dépoussiérer les grilles, changer les filtres accessibles, et bien sûr ne pas couper ni obstruer le système. Le propriétaire prend en charge ce qui relève de l'installation elle-même : remplacement du moteur ou du caisson en panne, réparation des conduits, mise en place d'une ventilation absente. En copropriété avec une VMC collective, le moteur et les conduits communs relèvent en général du syndic.

Si la VMC ne tourne plus ou qu'une bouche n'aspire plus du tout malgré le nettoyage, le plus efficace reste de le signaler par écrit au propriétaire, avec le test de la feuille de papier en photo à l'appui.