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Pollutions à Paris : ce qui entre dans votre logement, et ce qu'on peut y faire
Vivre en ville, c'est partager son air avec un boulevard, sa cour avec les voisins et ses murs avec un siècle d'histoire. Voici, sujet par sujet, ce qui passe vraiment la porte d'un appartement parisien, et où trouver des informations sérieuses sans s'inquiéter pour rien.
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Un appartement en ville n'est pas une bulle. L'air du dehors y entre par les fenêtres et les entrées d'air, le bruit par les vitres, l'eau par les canalisations de l'immeuble, et les murs eux-mêmes portent parfois les matériaux d'une autre époque. À Paris, avec ses rues serrées, ses immeubles anciens et ses deux millions d'habitants, ces sujets reviennent souvent dans les conversations. La bonne nouvelle, c'est que la plupart sont suivis de près par des organismes publics, et qu'il suffit de savoir où regarder.
L'air du dehors : trafic, particules et ozone
Trois familles de polluants occupent l'essentiel des bulletins franciliens. Le dioxyde d'azote vient surtout de la circulation : il est plus présent le long des grands axes, des boulevards et du périphérique que dans une rue calme ou au fond d'une cour. Les particules fines ont plusieurs origines, le trafic bien sûr, mais aussi le chauffage. Selon les services de l'État en Île-de-France, le chauffage au bois représente à lui seul 86 % des émissions de particules du secteur résidentiel, alors qu'il ne couvre qu'une petite part des besoins en chauffage. L'ozone, enfin, est le polluant des après-midi d'été : il se forme sous un fort soleil, à partir d'autres gaz, et culmine souvent par temps chaud et sans vent.
Pour savoir où l'on en est, la référence est Airparif, l'observatoire de la qualité de l'air en Île-de-France. Son indice quotidien, calculé pour chaque commune, compte six niveaux, de « bon » à « extrêmement mauvais », et une prévision est publiée chaque jour en fin de matinée pour le jour même et le lendemain. On peut aussi recevoir par e-mail les bulletins et les annonces d'épisodes de pollution, ce qui évite d'aller vérifier tous les matins.
Concrètement, la façade compte autant que le quartier. Une chambre sur cour et une cuisine sur boulevard, dans le même appartement, ne reçoivent pas le même air. C'est tout l'enjeu du moment et du côté choisis pour ouvrir, que nous détaillons dans notre article sur l'aération à Paris quand l'air dehors est pollué. Pour les durées et les gestes de base, valables partout, nos repères pour aérer son logement sans gaspiller la chaleur restent le point de départ.
Le bruit, qui fait fermer les fenêtres
Le bruit n'est pas une pollution de l'air, mais il pèse directement sur la façon dont on aère. Un deux-pièces au-dessus d'un carrefour, c'est un logement où l'on garde les fenêtres fermées le plus possible, quitte à laisser l'humidité et les odeurs s'accumuler. En Île-de-France, l'observatoire Bruitparif publie des cartes qui montrent, rue par rue, l'exposition au bruit des transports. Ce sont des modélisations, pas des mesures prises sous votre fenêtre, mais elles aident à comprendre pourquoi une façade est plus exposée que l'autre.
La parade tient en peu de choses : ouvrir côté cour quand c'est possible, choisir les heures calmes pour les grandes aérations, et surtout ne jamais boucher les entrées d'air en haut des fenêtres sous prétexte qu'elles laissent passer un peu de bruit. Elles assurent le renouvellement minimal quand tout est fermé.
Pollens : une saison qui s'étire
Les arbres d'une ville très plantée, puis les graminées des parcs et des talus, font de chaque printemps une période délicate pour les personnes sensibles aux pollens. Airparif publie une carte quotidienne du risque pollinique, commune par commune, avec une prévision sur trois jours pour six pollens : aulne, bouleau, graminées, armoise, ambroisie et olivier. Les gestes de confort à la maison, linge, horaires d'aération, chambre, sont rassemblés dans notre article consacré à la saison des pollens.
Chaleur d'été : l'appartement qui ne refroidit plus
Pierre, zinc, bitume, peu de verdure dans certains quartiers : la ville emmagasine la chaleur le jour et la restitue la nuit. C'est l'effet d'îlot de chaleur, bien connu des habitants des derniers étages. En été, la règle s'inverse par rapport à l'hiver : on ferme fenêtres et volets dès que le soleil frappe, et l'on ouvre en grand la nuit et au petit matin, quand l'air extérieur est enfin plus frais. Ce rythme a un autre avantage : il évite d'ouvrir en plein après-midi, au moment où l'ozone atteint souvent ses niveaux les plus élevés.
Dans les murs des immeubles anciens : plomb et amiante
Une grande partie des logements parisiens date d'avant la Seconde Guerre mondiale. Dans ces immeubles, de vieilles couches de peinture au plomb peuvent subsister sous les peintures récentes, surtout sur les boiseries, les portes et les fenêtres. La loi encadre ce sujet : pour tout logement construit avant le 1er janvier 1949, un constat de risque d'exposition au plomb, le CREP, doit être fourni à la vente comme à la location. Il repère les revêtements dont la teneur dépasse le seuil réglementaire de 1 mg/cm². Pour une location, il doit dater de moins de six ans, sauf s'il n'a trouvé aucun plomb au-dessus du seuil, auquel cas il reste valable sans limite.
Le réflexe utile est simple : avant de poncer, gratter ou décaper de vieilles peintures dans un appartement ancien, on relit le CREP fourni avec le bail ou l'acte de vente. S'il signale du plomb, ces travaux se confient à une entreprise qui sait les mener proprement.
Pour l'amiante, la date à retenir est le 1er juillet 1997 : un repérage est obligatoire à la vente de tout logement dont le permis de construire est antérieur. Pour les parties communes, le syndic tient un dossier technique amiante, que chaque copropriétaire peut demander. Là encore, le principe est de ne pas percer ni casser un matériau suspect sans savoir ce qu'il contient.
Radon et eau du robinet : deux sujets plutôt rassurants
Le radon, ce gaz naturel venu du sous-sol, préoccupe surtout les régions granitiques. Dans la cartographie officielle du potentiel radon, tous les arrondissements parisiens sont classés en catégorie 1, la plus faible. Les caves et les rez-de-chaussée très peu ventilés méritent une aération régulière, comme partout, et notre article sur le radon à la maison explique comment le mesurer si l'on a un doute.
L'eau du robinet est contrôlée à chaque étape. Le laboratoire d'Eau de Paris analyse plus de 300 000 paramètres par an, et un contrôle sanitaire indépendant, mandaté par les autorités, s'y ajoute. Une faible quantité de chlore est ajoutée en fin de parcours pour préserver la qualité de l'eau jusqu'au robinet, ce qui explique le petit goût que certains remarquent. Le service public de l'eau propose aussi un outil pour connaître la provenance et la qualité de l'eau de son quartier.
Le point de vigilance se trouve plutôt à l'intérieur des immeubles anciens, où d'anciennes canalisations en plomb peuvent subsister dans les parties privées. Le conseil donné de longue date par les pouvoirs publics : laisser couler l'eau quelques instants quand elle a stagné dans les tuyaux, au réveil ou au retour d'un week-end, et utiliser l'eau froide pour boire et cuisiner.
Le feu de cheminée, très encadré
Une flambée a beau être agréable, une cheminée à foyer ouvert envoie des particules directement dans la pièce. À Paris, les règles sont plus strictes qu'ailleurs en Île-de-France. Le plan de protection de l'atmosphère approuvé en janvier 2025 pose un principe d'interdiction de la combustion du bois, assorti d'exceptions et à condition de ne pas gêner le voisinage :
- une cheminée à foyer ouvert reste autorisée uniquement pour l'appoint ou l'agrément ;
- un poêle, un insert ou un foyer fermé d'un rendement supérieur à 65 % peut servir de chauffage d'appoint ;
- seuls les appareils très faiblement émetteurs de poussières peuvent servir de chauffage principal.
Et dès que les particules dépassent 50 µg/m³ en moyenne sur la journée, toute flambée d'appoint ou d'agrément est interdite, dans Paris comme dans le reste de la région. Ce plan est en cours de révision depuis l'été 2026 : mieux vaut vérifier les règles avant de rallumer le feu chaque hiver.
En pratique, sans s'inquiéter pour rien
Rien de tout cela n'impose de vivre fenêtres closes. L'air intérieur a lui aussi ses sources, la cuisine, la douche, les produits ménagers, et il a besoin d'être renouvelé tous les jours. En ville, la différence tient au choix du moment et de la façade, à un œil sur l'indice du jour pendant les périodes chargées, et à un peu d'attention aux matériaux anciens au moment des travaux. Pour l'humidité, qui reste le premier souci des appartements anciens, nos repères pour trouver le bon équilibre d'humidité prennent le relais.


