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Aérer

Aérer son logement : combien de minutes, quand, et même en hiver

Ouvrir les fenêtres, tout le monde sait faire. Mais combien de temps, à quelle heure, et faut-il vraiment le faire quand il gèle dehors ? Voici une méthode sans prise de tête, qui marche aussi bien dans un studio sur rue que dans une maison de campagne.

· 6 min de lecture

Fenêtre à guillotine ouverte, voilage soulevé par l'air, rosier contre la façade

Il y a des gestes qu'on fait par réflexe, et d'autres qu'on oublie dès que le thermomètre baisse. Aérer fait clairement partie de la deuxième catégorie. En octobre, on ouvre encore volontiers. En janvier, on se dit qu'on a déjà payé pour chauffer, et la fenêtre reste fermée jusqu'au printemps. Résultat : une odeur de renfermé qui s'installe, des vitres embuées au réveil et cette impression d'air « épais » quand on rentre le soir.

Bonne nouvelle : aérer correctement ne demande ni travaux ni matériel. Juste un peu de méthode.

Combien de minutes, et à quel moment

Le repère qu'on donne le plus souvent est simple : 5 à 10 minutes, matin et soir, fenêtres grandes ouvertes. Pas entrouvertes, pas en position « un peu pour la forme » : vraiment ouvertes.

Le matin, c'est le moment idéal. Pendant la nuit, on a respiré, transpiré un peu sous la couette, et l'air de la chambre s'est chargé d'humidité. Ouvrir dix minutes au lever, pendant que le café passe, renouvelle tout ça d'un coup. Le soir, une deuxième séance avant de se coucher ou juste après le dîner fait le même travail pour la journée écoulée.

Entre les deux, on aère aussi « à la demande » :

  • après la douche, pour évacuer la vapeur avant qu'elle ne se dépose sur les murs ;
  • après avoir cuisiné, surtout une poêlée ou un plat qui mijote longtemps ;
  • pendant et après le ménage, parce que la poussière soulevée et les odeurs de produits ont besoin de sortir ;
  • quand on a été nombreux dans une pièce, après un repas entre amis par exemple.

Pour la cuisine, le sujet mérite son propre article : nous avons rassemblé nos astuces pour cuisiner sans transformer l'appartement en fumoir. Même chose pour la salle de bains, où la buée a ses habitudes.

Le courant d'air traversant, l'arme secrète

Si votre logement a des fenêtres sur deux façades, profitez-en. Ouvrir en même temps une fenêtre côté rue et une autre côté cour crée un courant d'air qui balaie tout l'espace en deux ou trois minutes. C'est de loin la méthode la plus efficace : l'air est renouvelé beaucoup plus vite qu'avec une seule fenêtre ouverte, et les murs n'ont pas le temps de refroidir.

Dans un appartement mono-orienté, on fait avec ce qu'on a : on ouvre la fenêtre la plus grande et on laisse les portes intérieures ouvertes pour que l'air circule d'une pièce à l'autre. Une porte d'entrée entrouverte quelques instants sur un palier peut aussi aider, si le voisinage s'y prête.

Petit conseil de locataire : coincez les portes avec un cale-porte, sinon elles claquent au premier coup de vent et vous font sursauter en plein appel.

Aérer en hiver sans tout refroidir

C'est la grande objection : « Je vais perdre toute ma chaleur. » En réalité, une aération courte et franche refroidit l'air, mais pas les murs, le sol ni les meubles, qui gardent la chaleur accumulée. Une fois la fenêtre refermée, la pièce remonte en température rapidement. Ce qui gaspille vraiment, c'est la fenêtre laissée entrebâillée toute la journée : là, les murs autour se refroidissent et le chauffage tourne sans fin.

La bonne routine en hiver :

  1. Baisser ou couper le radiateur de la pièce le temps d'ouvrir.
  2. Ouvrir en grand, 5 minutes suffisent souvent quand il fait très froid dehors, car l'air se renouvelle plus vite.
  3. Refermer, remettre le chauffage à son réglage habituel (19 °C dans les pièces de vie est le repère usuel).

Un dimanche de novembre, radiateurs à fond et linge qui sèche dans le salon, c'est justement le jour où il faut ouvrir. L'air chaud et sec qu'on obtient ensuite est bien plus agréable que l'air tiède et humide d'avant. Si l'hiver vous donne au contraire l'impression de vivre dans un four à pain, jetez un œil à nos conseils sur le chauffage et l'air trop sec.

Fenêtres oscillo-battantes : pratiques, mais pas magiques

Ces fenêtres qui s'inclinent par le haut sont très répandues dans les logements récents. Elles sont pratiques pour laisser entrer un filet d'air la nuit en été, ou pendant une douche. Mais en hiver, la position basculée laissée des heures est exactement le scénario à éviter : peu de renouvellement, beaucoup de refroidissement autour du cadre.

Utilisez-les plutôt pour des usages courts (après la douche, pendant la cuisson), et ouvrez-les en grand, à la française, pour les vraies séances d'aération.

Rez-de-chaussée, rue bruyante : aérer quand même

Tout le monde n'a pas la chance d'habiter au cinquième étage côté jardin. Quelques solutions pour les situations moins idéales.

Au rez-de-chaussée

Ouvrir grand une fenêtre sur rue peut inquiéter, surtout quand on s'absente d'une pièce. Le plus simple : aérer quand on est présent dans la pièce, porte de la pièce ouverte, et jamais en partant faire une course. Si vous avez des volets ou des persiennes, vous pouvez les laisser fermés et ouvrir la fenêtre derrière : l'air passe, la vue et l'accès restent bloqués. Une fenêtre côté cour, même petite, est souvent plus tranquille pour les aérations prolongées.

Au-dessus d'une rue passante

Le bruit et les gaz d'échappement donnent envie de tout garder fermé. L'astuce consiste à choisir son moment : tôt le matin, avant l'heure de pointe, ou tard le soir, quand la circulation se calme. Si une pièce donne sur l'arrière, c'est elle qu'on ouvre en priorité, en laissant les portes intérieures ouvertes. Et pendant les jours de gros trafic, on préfère plusieurs ouvertures très courtes à une longue.

Les entrées d'air : surtout, ne pas les boucher

Ces petites grilles en haut des fenêtres, ou les bouches dans la cuisine et la salle de bains, font partie de la ventilation permanente du logement. Elles laissent passer un peu d'air en continu, de jour comme de nuit, même quand vous êtes absent. Les boucher avec du ruban adhésif parce qu'elles laissent entrer un filet d'air froid est une très mauvaise idée : l'humidité s'accumule, les odeurs stagnent et les coins de murs finissent par noircir. Le sujet de l'humidité est d'ailleurs détaillé dans notre article pour garder un bon équilibre d'humidité à la maison.

Ce qu'on peut faire, en revanche :

  • dépoussiérer les grilles une ou deux fois par an avec un aspirateur ou un vieux pinceau ;
  • nettoyer les bouches de cuisine et de salle de bains, qui s'encrassent vite (eau chaude savonneuse, en les démontant si elles se déclipsent) ;
  • ne pas installer de meuble haut juste devant une entrée d'air.

Ces entrées d'air ne remplacent pas l'ouverture des fenêtres : elles assurent le minimum en continu, la fenêtre fait le grand ménage.

Le secret, c'est d'accrocher l'aération à un geste qu'on fait déjà. Ouvrir la fenêtre de la chambre en se levant, avant même d'allumer la lumière. Ouvrir celle du salon en lançant le café. Refermer en partant au travail. Le soir, ouvrir pendant qu'on débarrasse la table. Au bout de deux semaines, ça devient aussi automatique que de tirer la chasse.

Pour aller plus loin sur l'isolation, le chauffage ou les économies d'énergie dans le logement, les fiches pratiques de l'ADEME sur la maison sont claires et bien faites.

Et si vous vivez avec un appareil de chauffage à combustion (poêle, cheminée, chaudière dans la pièce), ne fermez jamais ses aérations dédiées, même pour gagner un degré, et faites-le vérifier chaque année par un professionnel.