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Humidité à la maison, comment trouver le bon équilibre
Des vitres qui ruissellent au réveil, une odeur de cave dans le placard, ou au contraire un air qui crépite d'électricité statique. L'humidité ne se voit pas, mais elle se sent. Bonne nouvelle, quelques gestes suffisent souvent à la remettre dans le droit chemin.
· 6 min de lecture

L'humidité est un peu la colocataire invisible de la maison. On ne pense jamais à elle tant qu'elle se tient bien. Puis un matin de décembre, on découvre une auréole grise derrière l'armoire, ou une paire de chaussures oubliée au fond du placard couverte d'un duvet blanchâtre. Ou, à l'inverse, on prend une décharge à chaque fois qu'on touche la poignée de porte.
Avant de s'inquiéter ou d'acheter un appareil, il vaut la peine de comprendre ce qui se passe.
D'où vient toute cette eau ?
Une maison produit de la vapeur d'eau en permanence, sans qu'on s'en rende compte. Nous en rejetons en respirant, surtout la nuit. La douche, la cuisine, le linge qui sèche, les plantes, l'aquarium, la bouilloire : tout y contribue. Pour une famille, on parle souvent de plusieurs litres d'eau par jour qui partent dans l'air, sans que personne ne verse quoi que ce soit.
Cette vapeur doit sortir quelque part. Si le logement est bien ventilé et qu'on aère régulièrement, elle s'en va. Sinon, elle se dépose sur les surfaces les plus froides : vitres, coins de murs, arrière des meubles, angles de plafond. C'est là que les ennuis commencent.
Lire un hygromètre sans se prendre la tête
Un hygromètre est un petit appareil peu coûteux qui affiche le taux d'humidité de l'air, en pourcentage. Beaucoup de petites stations météo d'intérieur l'intègrent, avec la température. C'est le meilleur moyen de sortir du « j'ai l'impression que ».
Le repère courant : une humidité confortable se situe entre 40 et 60 % environ. En dessous, l'air paraît sec. Au-dessus, surtout de façon durable, on entre dans la zone où les murs froids se mouillent.
Quelques conseils pour une lecture honnête :
- placez-le loin des sources directes : pas au-dessus de la bouilloire, pas sur le radiateur, pas dans la salle de bains juste après la douche ;
- regardez-le à plusieurs moments de la journée : le matin au réveil, l'après-midi, après le dîner ;
- ne paniquez pas devant un pic : 75 % après une douche, c'est normal, ce qui compte, c'est que ça redescende dans l'heure.
Un hygromètre bon marché n'est pas d'une précision de laboratoire, il peut se tromper de quelques points. Ce qui compte, c'est la tendance d'un jour à l'autre et d'une pièce à l'autre.
Trop humide ou trop sec, les signes qui ne trompent pas
Quand l'air est trop humide
Même sans appareil, la maison envoie des signaux assez clairs.
- De la buée sur les vitres le matin, surtout dans la chambre. Un peu dans les coins par grand froid, ça arrive. Des vitres ruisselantes avec des petites flaques sur le rebord, c'est un signe d'excès.
- Une odeur de renfermé qui revient même après le ménage, notamment dans les placards et les armoires.
- Le linge qui sèche mal, met deux jours à sécher et garde une odeur un peu aigre.
- Des taches grises ou noires dans les angles, derrière les meubles, autour des fenêtres ou au plafond de la salle de bains.
- Le papier peint qui se décolle, la peinture qui cloque, les livres qui gondolent.
Dans la salle de bains, ces petits points noirs sur les joints sont un classique. Nous en parlons en détail dans notre article sur la buée et les taches de la salle de bains.
Quand l'air est trop sec
L'excès inverse existe aussi, surtout en plein hiver, quand le chauffage tourne fort et que l'air extérieur, très froid, contient peu d'eau. On le remarque à l'électricité statique (les cheveux qui se dressent, la petite décharge en sortant de la voiture), aux plantes dont les feuilles brunissent au bout, au parquet qui craque davantage, aux interstices qui s'ouvrent entre les lames.
Dans ce cas, la première chose à vérifier, c'est le chauffage : une pièce de vie à 19 °C est beaucoup moins desséchante qu'une pièce à 23 °C. Nous avons consacré un article entier à l'air sec en période de chauffage, avec des astuces simples pour remonter un peu l'humidité sans en faire trop.
Le linge qui sèche à l'intérieur
C'est souvent le premier coupable dans les petits logements sans balcon. Une machine de linge essoré contient une bonne quantité d'eau, et tout cela part dans l'air de la pièce. Interdire l'étendage intérieur n'est pas réaliste pour la plupart d'entre nous, alors on s'organise.
- Essorer au maximum : choisissez l'essorage le plus élevé que supportent vos textiles.
- Choisir la bonne pièce : idéalement la salle de bains, porte fermée, fenêtre entrouverte ou ventilation qui tourne. Évitez la chambre.
- Espacer les vêtements sur l'étendoir, pour que l'air circule.
- Aérer franchement deux ou trois fois pendant le séchage, quelques minutes à chaque fois.
- Ne pas étendre sur les radiateurs dans une pièce fermée : ça sèche vite, mais toute l'eau se retrouve sur les vitres.
Les jours de vent sec, même en hiver, un étendoir sur le balcon ou près d'une fenêtre ouverte fait des merveilles.
Les meubles collés aux murs froids
Une armoire plaquée contre un mur donnant sur l'extérieur, c'est le scénario parfait pour une tache cachée. L'air ne circule pas derrière, le mur reste froid, la vapeur s'y condense et personne ne le voit avant le déménagement.
La solution est d'une simplicité désarmante : laisser quelques centimètres entre le meuble et le mur, une main à plat suffit. Pour une tête de lit, un canapé ou une bibliothèque contre un mur extérieur, même principe. Et une fois par an, on décale les gros meubles pour jeter un œil derrière.
Dans les placards, on évite de tasser les vêtements jusqu'à la porte, et on ouvre de temps en temps pour laisser respirer.
Déshumidificateur : oui, non, peut-être ?
Avant d'en acheter un, posez-vous trois questions.
- Est-ce que j'aère vraiment ? Cinq à dix minutes matin et soir, fenêtres grandes ouvertes, règlent déjà une bonne partie du problème. Si besoin, relisez nos repères pour aérer son logement au bon moment.
- Les entrées d'air et les bouches d'aération sont-elles dégagées ? Une grille bouchée par la poussière ou par du ruban adhésif change tout.
- Le problème est-il localisé ? Une cave, un sous-sol, une buanderie sans fenêtre ou un rez-de-chaussée sur terre-plein peuvent justifier un appareil, là où une chambre bien aérée n'en a pas besoin.
Si, malgré tout ça, l'hygromètre reste coincé au-dessus de 65 ou 70 % pendant des jours, un déshumidificateur électrique peut rendre service, dans la pièce concernée et pendant la saison humide. Videz le bac régulièrement et nettoyez-le, sinon il finit par sentir lui-même le renfermé. Les petits absorbeurs à recharge, eux, sont pratiques dans un placard, mais n'ont aucun effet sur une pièce entière.
Un dernier mot pour les locataires : si de grandes taches noires réapparaissent sur plusieurs murs malgré une aération régulière et des meubles décollés, ce n'est plus une affaire de petits gestes. Prenez des photos datées, notez vos relevés d'hygromètre et signalez-le par écrit à votre propriétaire, qui doit faire vérifier la ventilation ou l'isolation du logement.


