Sprays et diffuseurs d’huiles essentielles : méfiance !

Suite à son rapport d’expertise paru en mars, l’Anses rappelle les conséquences sur la qualité de l’air intérieur et la santé de l’utilisation de sprays et de diffuseurs d’huiles essentielles. Ceux-ci, souvent promus comme « épurateurs » ou « assainisseurs » de l’air intérieur, peuvent favoriser une irritation des yeux, des voies aériennes supérieures ainsi que de la toux ou des difficultés respiratoires.

En effet, ces produits émettent des composés organiques volatils (COV). Ces polluants viennent s’ajouter à ceux déjà présents dans l’air intérieur et issus d’autres sources, comme les produits ménagers ou l’ameublement. De plus, pour l’heure, les connaissances sont insuffisantes pour estimer précisément les COV issus des sprays et diffuseurs. Des précautions particulières sont ainsi requises pour les personnes sensibles, comme les enfants ou les personnes atteintes de maladies respiratoires.

Dans son article, l’Anses formule plusieurs recommandations simples à destination des particuliers comme des professionnels :
-conserver les produits à risques (dont les sprays et diffuseurs) hors de portée des enfants
-limiter les sources de pollution de l’air intérieur. Ceci permet de limiter les accumulations de polluants, comme les COV, dans l’air intérieur.
-bien aérer afin de renouveler suffisamment l’air
-pour les professionnels, signaler rigoureusement les cas de symptômes respiratoires suite à l’utilisation de sprays ou de diffuseurs d’huiles essentielles. L’étude de toxicovigilance menée par l’Anses a d’ailleurs révélé de nombreux cas d’intoxications en lien avec une exposition accidentelle à ces produits, le plus souvent chez les jeunes enfants.
-poursuivre les recherches sur les conséquences de ces dispositifs sur l’air intérieur et la santé

L’Anses rappelle également que les huiles essentielles ne constituent en aucun cas un moyen de lutte efficace contre le coronavirus. Leur sur-utilisation dans le contexte actuel est donc non seulement inutile, mais aussi potentiellement dangereuse.

Retrouvez l’article de l’Anses sur https://www.anses.fr/fr/content/sprays-et-diffuseurs-%C3%A0-base-d%E2%80%99huiles-essentielles-l%E2%80%99anses-appelle-%C3%A0-la-vigilance-00

Humidité et moisissures : quelles conséquences autres que respiratoires pour la santé ?

Objet de l’étude

Il existe aujourd’hui de nombreuses preuves des conséquences de l’exposition à l’humidité et a fortiori aux moisissures sur la santé. On peut citer entre autres le développement ou l’aggravation d’asthme, la dyspnée, les infections des voies respiratoires supérieures ou encore l’alvéolite allergique. En revanche, on dispose de beaucoup moins de données sur les conséquences autres que les pathologies respiratoires.

Ici, les chercheurs ont voulu étudier les symptômes favorisés par l’exposition à l’humidité et aux moisissures. Plus précisément, il s’agissait d’évaluer dans quelle mesure cette exposition favorisait des symptômes autres que respiratoires. Les chercheurs ont en particulier étudié l’influence de l’humidité et des moisissures sur le développement de symptômes neurologiques. Il s’agissait entre autres d’estimer si l’humidité et les moisissures favorisaient l’hypersensibilité chimique multiple (HCM).

Afin de creuser cette hypothèse, les chercheurs ont fait circuler un questionnaire auprès de deux groupes. Tous deux se composaient d’infirmières et de sages-femmes travaillant dans un hôpital d’Helsinki. Le premier groupe était exposé à l’humidité et aux moisissures tandis que le second ne l’était pas. Les chercheurs ont ensuite comparé les résultats.

Un risque de symptômes neurologiques et d’hypersensibilité chimique multiple accru

L’étude a d’abord permis de constater une forte prévalence des symptômes respiratoires dans le groupe exposé à l’humidité et aux moisissures par rapport au groupe non exposé (80% contre 29%). Mais de plus, les symptômes en lien avec le système nerveux central ou le système nerveux périphérique étaient aussi bien plus fréquents dans le premier groupe (81% contre 11%). Parmi ces symptômes, on peut citer la fatigue, les douleurs musculosquelettiques mais aussi l’hypersensibilité chimique multiple. 40% des membres du premier groupe ont reporté une HCM, contre 9% des membres du second groupe.

Apports de l’étude

Cette étude montre donc que les conséquences de l’exposition à l’humidité et aux moisissures ne sont pas que respiratoires. En effet, elle semble aussi pouvoir affecter le système nerveux. Mais plus encore, l’étude témoigne du fait que cette exposition peut favoriser le développement d’une hypersensibilité chimique multiple. Par conséquent, le risque de développer des pathologies liées à d’autres polluants augmente. Cette étude attire donc l’attention sur un facteur de risque potentiel et jusqu’à présent non décrit pour l’HCM.

Retrouvez l’étude sur https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2093791119306419?via%3Dihub