Enquête « Santé environnement intérieur – Comportements et risques d’exposition aux polluants intérieurs » (ARS Nouvelle Aquitaine)

Cette enquête réalisée par l’ARS Nouvelle Aquitaine s’inscrit dans le cadre de la politique de la région en matière de prévention et de promotion de la santé environnementale en période périnatale et durant la petite enfance. L’enquête a été conduite dans 44 maternités auprès de 2621 femmes au moyen d’un questionnaire divisé en cinq grandes parties thématiques : pratiques autour du bébé, consommation, aération du logement, connaissance des sources de pollution au sein du logement, profil socio-démographique. La grande majorité des questionnaires retournés (soit 2515) ont pu être exploités.

Si les recommandations en matière de santé environnement sont globalement bien appliquées, on observe des écarts selon le profil socio-démographique de la personne :

• Pratiques autour du bébé : Plus les jeunes mamans étaient diplômées, plus elles avaient tendance à utiliser des biberons en verre et à connaître les labels écologiques présentés dans le questionnaire. Pour la toilette de l’enfant, l’enquête a permis d’observer que le liniment oléocalcaire était largement privilégié par les jeunes mamans, suivi de la toilette à l’eau. Néanmoins, plus leur niveau de diplôme était bas, moins elles étaient nombreuses à employer ces deux méthodes. De la même manière, plus leur niveau de diplôme était bas, plus elles étaient nombreuses à utiliser des lingettes ou du lait de toilette.

• Habitudes de consommation : L’enquête a aussi révélé une influence du profil socio-démographique. Concernant les produits ménagers et les produits cosmétiques, les femmes les plus diplômées étaient plus sensibles à la labellisation écologique, tandis que les moins diplômées privilégiaient davantage la marque et le prix. Pour les produits d’hygiène, l’ARS a constaté que la labellisation était davantage un critère de choix pour les femmes en activité ou en études que pour celles au chômage ou au foyer.

• Connaissance des sources de pollution au sein du logement :D’autre part, plus les femmes étaient diplômées, mieux elles identifiaient les risques liés aux produits d’intérieur. Ce constat s’appliquait particulièrement aux meubles : seule une faible part des femmes interrogées connaissait vraiment les risques sanitaires associés, et il s’agissait majoritairement de femmes de niveau Bac +2 et plus. Les pratiques sont globalement encourageantes, puisque moins de la moitié des femmes interrogées utilisent des produits d’ambiance et des insecticides au sein de leur domicile. Seuls 3% d’entre elles utilisent des traitements pour plantes d’intérieur au sein du domicile. De la même manière, elles sont largement majoritaires à aérer tous les jours ou presque. Au niveau du tabac, cependant, il est plus fréquent que quelqu’un fume au domicile des femmes non diplômées.

Pour finir, l’enquête fait le point sur les sources d’informations en santé environnementale. Les médias (presse, radio, TV, Internet, cinéma) et l’entourage sont les principales. Les professionnels de santé sont cités par 24% des femmes interrogées, derrière les réseaux sociaux (25%). De plus, les ateliers à la maternité n’ont été cités que par 6% des femmes.

Retrouvez le rapport complet sur https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/system/files/2020-02/Rapport_Enquete_Maternites_2020.pdf et la synthèse sur https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/system/files/2020-02/Synthese_Enquete_Maternite_2020.pdf

Asthme de l’enfant & produits ménagers

Objectif & méthode

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de l’exposition aux produits ménagers durant la petite enfance et l’apparition chez l’enfant de pathologies respiratoires et d’allergies. Pour cela, les chercheurs se sont appuyés sur les données issues de la cohorte Canadian Healthy Infant Longitudinal Development (CHILD).

Les chercheurs se sont plus précisément intéressés à la fréquence d’usage de 26 produits ménagers au sein du domicile de 2022 enfants lorsque ceux-ci avaient entre 3 et 4 mois. A partir de ces données, ils ont déterminé un score correspondant à la fréquence globale d’usage de produits ménagers. Les chercheurs ont ensuite comparé ce score avec les diagnostics d’asthme, de respiration fréquemment sifflante ou encore de terrain atopique chez ces enfants à l’âge de 3 ans.

Résultats & conclusions

Les données ont permis de constater que les enfants qui avaient été les plus fréquemment exposés aux produits ménagers étaient aussi ceux chez qui le risque de respiration sifflante, de respiration sifflante avec terrain atopique et d’asthme était le plus élevé. En revanche, cette exposition fréquente aux produits ménagers n’a pas semblé avoir d’influence sur le terrain atopique seul. Par ailleurs, les données laissent aussi supposer que les risques de développer ces problèmes de santé sont plus élevés chez les enfants de sexe féminin. Cette étude ne permet cependant pas de conclure sur cette influence du sexe.

En conclusion, ce travail apporte de nouvelles connaissances sur le lien entre l’exposition aux produits ménagers durant la petite enfance et le développement de pathologies respiratoires. Il vient ainsi souligner l’importance de la prévention vis-à-vis des produits ménagers dans l’optique de préserver la santé des jeunes enfants.

De façon surprenante cependant, cette étude ne mentionne pas les ammoniums quaternaires (présents dans les produits ménagers), qui sont la première cause d’asthme professionnel d’origine chimique en France1

Références : Parks J., McCandless L., Dharma C. et al., 2020 : Association of use of cleaning products with respiratory health in a Canadian birth cohort. [En ligne]. CMAJ, vol. 192, n°7, p.E154-E161. Disponible sur https://www.cmaj.ca/content/192/7/E154

 

1. Pour en savoir plus :
Le Moual N., 2014 : Étude de l’asthme chez les personnels hospitaliers et de ménage : Rôle des expositions professionnelles ou domestiques aux produits de nettoyage et de désinfection dans l’asthme. [En ligne]. Les cahiers de la Recherche : Santé, Environnement, Travail, La santé au travail : comprendre où en est la recherche, p. 29-31. Disponible sur https://www.anses.fr/fr/system/files/CDLR-mg-SanteTravail4.pdf 
Le Moual N., Dumas O., 2016 : Asthme et produits ménagers. [En ligne]. La Lettre du Pneumologue, vol. 19, n°6. Disponible sur https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/24892.pdf 

Utilisation de produits ménagers et qualité de l’air intérieur : enjeux sanitaires liés à une séance de ménage, substances d’intérêt et bonnes pratiques

Cette étude de l’INERIS vise à caractériser les risques sanitaires associés aux produits ménagers. 19 produits ont été ainsi étudiés. L’INERIS donne également un ensemble de bonnes pratiques permettant de limiter les risques. Cette étude complète celle intitulée « PEPS – Définition d’un protocole d’essais simple et harmonisé pour l’évaluation des émissions en composés volatils », réalisée par le CSTB ainsi que l’INERIS et publiée par l’ADEME.

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