Etude de l’impact de la combustion de bois sur la qualité de l’air intérieur

La combustion de biomasse, et notamment de bois, est reconnue comme une source notable de polluants, en particulier de particules. De nombreuses études ont déjà été menées pour estimer les émissions polluantes de la combustion du bois ou encore à propos des possibilités de réduire cette pollution et ainsi améliorer la qualité de l’air.

Objectif & méthodologie

La présente étude s’intéresse aux émissions de monoxyde de carbone (CO), de dioxyde de carbone (CO2) et de particules PM10 liées à la combustion de bois à l’intérieur et à l’extérieur de deux logements ruraux non-occupés localisés au Portugal. L’un des deux logements observés disposait d’une cheminée à foyer ouvert et l’autre d’un poêle à bois. Les chercheurs ont comparé les émissions polluantes dans l’air intérieur selon le type d’équipement. En réalisant des mesures à l’extérieur, les chercheurs avaient deux objectifs :
-évaluer l’impact de l’utilisation d’appareils de chauffage au bois sur la qualité de l’air de manière globale
-évaluer et prendre en compte l’impact de la qualité de l’air extérieur sur la pollution de l’air intérieur, par l’infiltration des polluants extérieurs

Les chercheurs ont mesuré les différents polluants d’intérêt au cours de l’utilisation de ces deux types d’appareils. Pour évaluer spécifiquement les émissions polluantes de ces appareils, seuls ceux-ci ont fonctionné durant les mesures.

La cheminée à foyer ouvert potentiellement plus polluante

Les mesures ont permis d’observer que la combustion de bois avait une influence variable selon les polluants. Ainsi, les concentrations en CO2 ne variaient que faiblement lors du fonctionnement de l’appareil à combustion. En revanche, le fonctionnement des deux types d’appareils a fait considérablement augmenter les concentrations de CO et de particules PM10 dans l’air intérieur. Ce phénomène se vérifiait tout particulièrement au cours du fonctionnement de la cheminée à foyer ouvert. Les concentrations en particules PM10 dans l’air intérieur ont d’ailleurs largement dépassé celles dans l’air extérieur.

Pour finir, les chercheurs ont comparé les émissions d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) par les deux appareils. Les échantillons de PM10 ont permis d’identifier 20 HAP différents ainsi que leurs concentrations en cas d’utilisation de l’un ou de l’autre type d’appareil. Ils ont observé que la cheminée à foyer ouvert était davantage source de HAP que le poêle à bois. Une augmentation globale des concentrations de rétène, dans l’air intérieur comme dans l’air extérieur, a notamment été constatée. Les concentrations en benzo[a]pyrènes, l’un des HAP les plus cancérogènes selon l’OMS, ont elles-aussi considérablement augmenté au cours du fonctionnement de la cheminée. Les auteurs ont conclu qu’à long terme l’usage d’une cheminée à foyer ouvert, en raison des émissions de HAP qui en résultent, serait plus à même de favoriser le développement d’un cancer.

Conclusion & limites de l’étude

Cette étude montre donc que l’utilisation d’appareils de combustion influence fortement les concentrations intérieures en polluants. Les concentrations en CO et en particules PM10, notamment, semblent considérablement augmenter.

D’autre part, les cheminées à foyer ouvert seraient davantage associées à des risques sanitaires que les poêles à bois. Cependant, de nombreux facteurs d’influence éventuels (système, type de bois utilisé, configuration de la pièce…) n’ont pas été pris en compte. Il n’est donc pas possible de généraliser les constats. Qui plus est, ceux-ci appellent à réaliser d’autres études sur l’impact des appareils de combustion de bois sur la qualité de l’air.

 

Références : Vicente E. D., Vicente A. M., Evtyugina M. et al., 2020 : Impact of wood combustion on indoor air quality. [En ligne]. Science of The Total Environment, 705, 17p.

Retrouvez l’étude (en accès payant) sur https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S004896971935764X?via%3Dihub