Polluants intérieurs émergents

Dans cet article, le chercheur allemand Tunga Salthammer présente plusieurs types de polluants émergents et les causes de cette émergence.

Nouvelles substances ou substances nouvellement préoccupantes

Pour commencer, on compte parmi ces polluants émergents les nouvelles substances ou substances nouvellement préoccupantes. Leur usage est croissant. Supposément moins dangereuses, les industriels les utilisent en remplacement de substances aux dangers avérés couramment utilisées dans les formulations. On peut citer par exemple le remplacement de certains phtalates, retardateurs de flammes ou solvants à la toxicité démontrée par d’autres substances estimées moins nocives. Or, les risques de ces alternatives sont bien souvent mal ou insuffisamment évalués.

Des polluants ré-émergents

Cependant, au-delà de ces nouvelles alternatives, on observe une ré-émergence de diverses substances. Parmi elles, on peut citer l’amiante, les polychlorobiphényles, les hydrocarbones aromatiques polycycliques ou encore les naphtalènes chlorés. Les opérations de rénovation énergétique influencent fortement cette ré-émergence. En effet, elles entraînent une libération de ces polluants.

Par ailleurs, d’autres polluants reviennent sur le devant de la scène en raison d’une réévaluation, de changements des contraintes de labellisation, de modifications des valeurs de référence ou des valeurs guide ou encore de leur inclusion dans les listes de la Convention de Stockholm. C’est par exemple le cas de l’acétaldéhyde, classé cancérogène 1B (c’est-à-dire que son potentiel cancérogène pour l’Homme est supposé) depuis 2019.

Quelle surveillance pour ces polluants (ré)émergents ?

En conclusion, cette étude montre l’importance de surveiller attentivement ces nouveaux polluants ou polluants réémergents. Pour ce faire, la méthode classique consiste à analyser des échantillons d’air et de poussière. Afin d’obtenir des résultats plus précis et pertinents, T. Salthammer conseille de combiner ces analyses avec l’emploi de biomarqueurs (par exemple l’analyse d’urines). Combiner ces méthodes et indicateurs permettra un repérage plus efficace de ces polluants (ré)émergents.


Références : Salthammer T., 2019 : Emerging indoor pollutants. [En ligne]. International Journal of Hygiene and Environmental Health, vol. 224. Disponible en libre-accès sur <https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1438463919306686?via%3Dihub>.

Jura : des collégiens inventent un appareil de mesure de la qualité de l’air intérieur

Des élèves de 5èmes ont créé le « TechNotreDame », capable de mesurer plusieurs polluants. L’appareil peut évaluer les concentrations en particules fines, en composés volatiles organiques ou encore en plusieurs gaz toxiques comme le monoxyde de carbone. Le projet a été récompensé du prix de l’innovation lors du salon EPA Bourgogne Franche-Comté. Désormais commercialisé, le « TechNotreDame » est au prix de 119€.

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