Asthme de l’enfant & produits ménagers

Objectif & méthode

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de l’exposition aux produits ménagers durant la petite enfance et l’apparition chez l’enfant de pathologies respiratoires et d’allergies. Pour cela, les chercheurs se sont appuyés sur les données issues de la cohorte Canadian Healthy Infant Longitudinal Development (CHILD).

Les chercheurs se sont plus précisément intéressés à la fréquence d’usage de 26 produits ménagers au sein du domicile de 2022 enfants lorsque ceux-ci avaient entre 3 et 4 mois. A partir de ces données, ils ont déterminé un score correspondant à la fréquence globale d’usage de produits ménagers. Les chercheurs ont ensuite comparé ce score avec les diagnostics d’asthme, de respiration fréquemment sifflante ou encore de terrain atopique chez ces enfants à l’âge de 3 ans.

Résultats & conclusions

Les données ont permis de constater que les enfants qui avaient été les plus fréquemment exposés aux produits ménagers étaient aussi ceux chez qui le risque de respiration sifflante, de respiration sifflante avec terrain atopique et d’asthme était le plus élevé. En revanche, cette exposition fréquente aux produits ménagers n’a pas semblé avoir d’influence sur le terrain atopique seul. Par ailleurs, les données laissent aussi supposer que les risques de développer ces problèmes de santé sont plus élevés chez les enfants de sexe féminin. Cette étude ne permet cependant pas de conclure sur cette influence du sexe.

En conclusion, ce travail apporte de nouvelles connaissances sur le lien entre l’exposition aux produits ménagers durant la petite enfance et le développement de pathologies respiratoires. Il vient ainsi souligner l’importance de la prévention vis-à-vis des produits ménagers dans l’optique de préserver la santé des jeunes enfants.

De façon surprenante cependant, cette étude ne mentionne pas les ammoniums quaternaires (présents dans les produits ménagers), qui sont la première cause d’asthme professionnel d’origine chimique en France1

Références : Parks J., McCandless L., Dharma C. et al., 2020 : Association of use of cleaning products with respiratory health in a Canadian birth cohort. [En ligne]. CMAJ, vol. 192, n°7, p.E154-E161. Disponible sur https://www.cmaj.ca/content/192/7/E154

 

1. Pour en savoir plus :
Le Moual N., 2014 : Étude de l’asthme chez les personnels hospitaliers et de ménage : Rôle des expositions professionnelles ou domestiques aux produits de nettoyage et de désinfection dans l’asthme. [En ligne]. Les cahiers de la Recherche : Santé, Environnement, Travail, La santé au travail : comprendre où en est la recherche, p. 29-31. Disponible sur https://www.anses.fr/fr/system/files/CDLR-mg-SanteTravail4.pdf 
Le Moual N., Dumas O., 2016 : Asthme et produits ménagers. [En ligne]. La Lettre du Pneumologue, vol. 19, n°6. Disponible sur https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/24892.pdf 

Relations entre tabagisme, concentrations intérieures en PM2,5 et maladies pulmonaires chroniques

De récentes études ont montré les liens entre les PM2,5 et les maladies pulmonaires chroniques. Cet article s’intéresse d’une part aux relations entre le tabagisme et les concentrations en PM2,5 dans l’air intérieur, et d’autre part aux mécanismes sous-tendant le lien entre fumée de tabac, concentrations intérieures en PM2,5 et maladies pulmonaires chroniques. Pour ce faire, les chercheurs ont fait une revue de la littérature existant sur ces deux sujets.

Les chercheurs concluent que la fumée de tabac est la principale source de particules PM2,5 en intérieur. Ils soulignent l’importance de cette problématique en raison du temps important que passent les individus à l’intérieur (80 à 90% du temps). Diverses études récentes ont montré que la fumée de tabac ambiante et ses résidus ainsi que les particules PM2,5 étaient deux facteurs favorisant le développement de maladies pulmonaires chroniques. Ces facteurs semblent notamment favoriser le développement d’un cancer du poumon, d’asthme ou de maladie pulmonaire obstructive chronique.

Les scientifiques ayant conduit cette étude expliquent d’autre part que des études épidémiologiques doivent encore être menées sur les particules PM2,5 spécifiquement issues de la fumée ainsi que sur les risques associés à l’utilisation de l’e-cigarette et des dispositifs IQOS.

Références : Ni Y., Shi G., Qu J., 2019 : Indoor PM2,5, tobacco smoking and chronic lung diseases: A narrative review. [En ligne]. Environmental Research. Disponible en libre-accès sur : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013935119307078 .

Pour plus d’informations sur les risques associés à l’e-cigarette et aux dispositifs IQOS : https://www.appa.asso.fr/la-cigarette-electronique-sous-surveillance/ et https://www.appa.asso.fr/sticks-de-tabac-a-chauffer-quelles-emissions-de-polluants/