Mesure des concentrations de formaldéhyde dans une école basse consommation

Bâtiments basse consommation & qualité de l’air intérieur

Les bâtiments représentent aujourd’hui 40% de la consommation énergétique annuelle mondiale. Afin de réduire ces dépenses énergétiques, les bâtiments basse consommation se multiplient. Caractérisés notamment par une isolation de très bonne qualité, avec ces bâtiments se pose la problématique de la qualité de l’air intérieur. En effet, l’étanchéité allant de pair avec cette isolation peut empêcher un renouvellement d’air suffisant. En conséquence, les polluants peuvent s’accumuler.

Focus sur le formaldéhyde

Parmi les polluants fréquemment présents dans l’air intérieur se trouvent les aldéhydes, aux effets sanitaires déjà largement étudiés. Le formaldéhyde est l’un d’entre eux. Pouvant être issu de nombreuses sources, sa nocivité pour la santé est aujourd’hui bien connue. Pour ces deux raisons, la présente étude s’est focalisée sur ce polluant.

L’objectif était d’estimer son accumulation au sein d’un bâtiment basse consommation, en l’occurrence une école, afin d’évaluer les risques sanitaires liés. L’école en question est une école basse consommation récemment construite et disposant d’un système de ventilation mécanique double flux programmable.

Méthodologie & constats

Les chercheurs ont mesuré dans un premier temps les concentrations d’aldéhyde présentes dans l’air intérieur. Dans un second temps, ils ont évalué la part de formaldéhyde parmi ces concentrations.

Ils ont ainsi pu constater que le formaldéhyde était de loin l’aldéhyde le plus présent. L’acétaldéhyde arrivait en seconde position. Les mesures ont donc permis de souligner une présence notable des aldéhydes, et notamment du formaldéhyde et de l’acétaldéhyde, au sein de cette école basse consommation. Ces constats témoignent des problématiques liées à l’air intérieur dans les bâtiments basse consommation.

Les chercheurs ont de plus observé que les concentrations de formaldéhyde pouvaient varier considérablement au sein de la même pièce selon le taux de renouvellement d’air. En effet, les concentrations de formaldéhyde étaient réduites de moitié lorsque le système de ventilation fonctionnait. Le constat était similaire pour tous les autres aldéhydes. En effet, les concentrations étaient toutes significativement réduites une fois le système de ventilation mis en marche.

Le renouvellement d’air, un paramètre crucial

Cette étude vient donc appuyer l’importance du renouvellement d’air dans les bâtiments basse consommation. Elle montre qu’un système de ventilation performant est crucial pour une bonne maîtrise des polluants de l’air intérieur. L’étude permet plus particulièrement de mettre en valeur l’efficacité du système de ventilation double flux. Pour aller encore plus loin, le choix d’un système programmable est judicieux. Il va en effet permettre une mise en marche de la ventilation lors de l’occupation du bâtiment. Un tel système évitera ainsi un fonctionnement en continu de la ventilation et donc des pertes en termes d’économies d’énergie.

Notons que les concentrations de formaldéhyde mesurées dans l’école demeurent en dessous de la valeur seuil définie par l’ANSES (100 microgrammes/m3). De plus, si la ventilation double flux peut permettre une meilleure maîtrise de ce polluant, une maintenance régulière du système est essentielle pour garantir son efficacité.

Retrouvez cette étude en libre-accès sur https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02379618.

Humidité et moisissures : quelles conséquences autres que respiratoires pour la santé ?

Objet de l’étude

Il existe aujourd’hui de nombreuses preuves des conséquences de l’exposition à l’humidité et a fortiori aux moisissures sur la santé. On peut citer entre autres le développement ou l’aggravation d’asthme, la dyspnée, les infections des voies respiratoires supérieures ou encore l’alvéolite allergique. En revanche, on dispose de beaucoup moins de données sur les conséquences autres que les pathologies respiratoires.

Ici, les chercheurs ont voulu étudier les symptômes favorisés par l’exposition à l’humidité et aux moisissures. Plus précisément, il s’agissait d’évaluer dans quelle mesure cette exposition favorisait des symptômes autres que respiratoires. Les chercheurs ont en particulier étudié l’influence de l’humidité et des moisissures sur le développement de symptômes neurologiques. Il s’agissait entre autres d’estimer si l’humidité et les moisissures favorisaient l’hypersensibilité chimique multiple (HCM).

Afin de creuser cette hypothèse, les chercheurs ont fait circuler un questionnaire auprès de deux groupes. Tous deux se composaient d’infirmières et de sages-femmes travaillant dans un hôpital d’Helsinki. Le premier groupe était exposé à l’humidité et aux moisissures tandis que le second ne l’était pas. Les chercheurs ont ensuite comparé les résultats.

Un risque de symptômes neurologiques et d’hypersensibilité chimique multiple accru

L’étude a d’abord permis de constater une forte prévalence des symptômes respiratoires dans le groupe exposé à l’humidité et aux moisissures par rapport au groupe non exposé (80% contre 29%). Mais de plus, les symptômes en lien avec le système nerveux central ou le système nerveux périphérique étaient aussi bien plus fréquents dans le premier groupe (81% contre 11%). Parmi ces symptômes, on peut citer la fatigue, les douleurs musculosquelettiques mais aussi l’hypersensibilité chimique multiple. 40% des membres du premier groupe ont reporté une HCM, contre 9% des membres du second groupe.

Apports de l’étude

Cette étude montre donc que les conséquences de l’exposition à l’humidité et aux moisissures ne sont pas que respiratoires. En effet, elle semble aussi pouvoir affecter le système nerveux. Mais plus encore, l’étude témoigne du fait que cette exposition peut favoriser le développement d’une hypersensibilité chimique multiple. Par conséquent, le risque de développer des pathologies liées à d’autres polluants augmente. Cette étude attire donc l’attention sur un facteur de risque potentiel et jusqu’à présent non décrit pour l’HCM.

Retrouvez l’étude sur https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2093791119306419?via%3Dihub

Polluants intérieurs émergents

Dans cet article, le chercheur allemand Tunga Salthammer présente plusieurs types de polluants émergents et les causes de cette émergence.

Nouvelles substances ou substances nouvellement préoccupantes

Pour commencer, on compte parmi ces polluants émergents les nouvelles substances ou substances nouvellement préoccupantes. Leur usage est croissant. Supposément moins dangereuses, les industriels les utilisent en remplacement de substances aux dangers avérés couramment utilisées dans les formulations. On peut citer par exemple le remplacement de certains phtalates, retardateurs de flammes ou solvants à la toxicité démontrée par d’autres substances estimées moins nocives. Or, les risques de ces alternatives sont bien souvent mal ou insuffisamment évalués.

Des polluants ré-émergents

Cependant, au-delà de ces nouvelles alternatives, on observe une ré-émergence de diverses substances. Parmi elles, on peut citer l’amiante, les polychlorobiphényles, les hydrocarbones aromatiques polycycliques ou encore les naphtalènes chlorés. Les opérations de rénovation énergétique influencent fortement cette ré-émergence. En effet, elles entraînent une libération de ces polluants.

Par ailleurs, d’autres polluants reviennent sur le devant de la scène en raison d’une réévaluation, de changements des contraintes de labellisation, de modifications des valeurs de référence ou des valeurs guide ou encore de leur inclusion dans les listes de la Convention de Stockholm. C’est par exemple le cas de l’acétaldéhyde, classé cancérogène 1B (c’est-à-dire que son potentiel cancérogène pour l’Homme est supposé) depuis 2019.

Quelle surveillance pour ces polluants (ré)émergents ?

En conclusion, cette étude montre l’importance de surveiller attentivement ces nouveaux polluants ou polluants réémergents. Pour ce faire, la méthode classique consiste à analyser des échantillons d’air et de poussière. Afin d’obtenir des résultats plus précis et pertinents, T. Salthammer conseille de combiner ces analyses avec l’emploi de biomarqueurs (par exemple l’analyse d’urines). Combiner ces méthodes et indicateurs permettra un repérage plus efficace de ces polluants (ré)émergents.


Références : Salthammer T., 2019 : Emerging indoor pollutants. [En ligne]. International Journal of Hygiene and Environmental Health, vol. 224. Disponible en libre-accès sur <https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1438463919306686?via%3Dihub>.

Intoxications au monoxyde de carbone à l’échelle mondiale

Cet article propose des données mises à jour sur les intoxications au monoxyde de carbone à travers le monde. Ces données épidémiologiques mondiales ont été obtenues grâce au registre de données Global Health Data Exchange, une base de données gérée par l’Institut de Mesure et d’Evaluation de la Santé (en anglais, Institute for Health Metrics and Evaluation). Selon les données considérées, pour un million de personnes on compte 137 cas d’intoxications au monoxyde de carbone, dont 4,6 décès. L’incidence des intoxications au monoxyde de carbone est stable depuis 25 ans, tandis que la mortalité due aux intoxications au monoxyde de carbone a diminué de 36%.

Toujours selon ces données, les intoxications au monoxyde de carbone surviennent indifféremment selon le sexe. Cependant, deux fois plus d’hommes que de femmes décèdent suite à une intoxication au monoxyde de carbone. Ceci s’explique par une élimination plus rapide du monoxyde de carbone dans l’organisme chez les femmes que chez les hommes. La toxicité du CO est donc moins forte pour la femme que pour l’homme, ce qui explique les écarts entre les nombre de décès d’hommes et de femmes. On peut cependant nuancer de constat par le fait que dans les pays moins développés, les femmes ont moins tendance à se rendre dans des établissements de santé. En l’absence de consultation médicale, le cas d’intoxication n’est pas signalé : cela peut fausser les chiffres.

Ces données épidémiologiques mondiales ont été obtenues grâce au registre de données Global Health Data Exchange. Il s’agit d’une base de données gérée par l’Institut de Mesure et d’Evaluation de la Santé (en anglais, Institute for Health Metrics and Evaluation). Selon les données considérées, pour un million de personnes on compte 137 cas d’intoxications au monoxyde de carbone, dont 4,6 décès. L’incidence des intoxications au monoxyde de carbone est stable depuis 25 ans, tandis que la mortalité due aux intoxications au monoxyde de carbone a diminué de 36%.

Influence du sexe

Toujours selon ces données, les intoxications au monoxyde de carbone surviennent indifféremment selon le sexe. Cependant, deux fois plus d’hommes que de femmes décèdent suite à une intoxication au monoxyde de carbone. Ceci s’explique par une élimination plus rapide du monoxyde de carbone dans l’organisme chez les femmes que chez les hommes. La toxicité du CO est donc moins forte pour la femme que pour l’homme, ce qui explique les écarts entre les nombre de décès d’hommes et de femmes. On peut cependant nuancer de constat par le fait que dans les pays moins développés, les femmes ont moins tendance à se rendre dans des établissements de santé. En l’absence de consultation médicale, le cas d’intoxication n’est pas signalé : cela peut fausser les chiffres.

Influence de l’âge

On observe d’autre part des variations selon la tranche d’âge. Les personnes les plus touchées par les intoxications au monoxyde de carbone sont ainsi les enfants âgés de 0 à 14 ans (tout particulièrement chez les 0-5 ans) et les personnes âgées de 20 à 34 ans. Si l’on peut attribuer la prépondérance des intoxications au monoxyde de carbone chez les enfants à la plus grande fragilité de leur organisme, en revanche l’étude ne donne pas d’explications pour le pic observé chez les 20 à 34 ans.

Par ailleurs, plus l’âge augmente, plus le pourcentage de mortalité est élevé. Les personnes de 80 ans et plus sont ainsi les plus nombreuses à décéder suite à une intoxication au monoxyde de carbone. Cette plus forte mortalité est due d’une part à une élimination plus lente du monoxyde de carbone par l’organisme, et d’autre part à la présence plus fréquente de facteurs de comorbidité.

Influence du niveau socio-économique

Des corrélations semblent aussi exister entre le niveau socio-économique et les intoxications au monoxyde de carbone. Il semble également y avoir un lien avec le taux de mortalité pouvant être attribué aux intoxications. Plus précisément, le nombre d’intoxications au monoxyde de carbone semble augmenter parallèlement au niveau socio-économique. Il en est de même pour le nombre de décès attribuables aux intoxications au CO.

Cependant, il faut noter que les pays les plus chauds ont tendance à être ceux où l’indice de développement socio-économique est le plus bas. Ces pays étant plus chauds, le recours à des systèmes de chauffage y est moins fréquent. Les risques d’intoxication au monoxyde de carbone sont donc considérablement réduits, en dépit de l’usage de modes de cuisson favorisant les intoxications (par exemple, combustion de biomasse).

Conclusion et limites de l’étude

Notons aussi que selon le pays et même la ville, la surveillance peut ne pas être aussi rigoureuse. On peut reprendre l’exemple des femmes vivant dans des pays moins développés. Pour rappel, l’article explique que celles-ci ont moins tendance à signaler les intoxications au monoxyde de carbone. Aussi, le manque de signalement a probablement également une influence sur le nombre de cas d’intoxications au monoxyde de carbone.

Avec cette étude, on observe que le niveau socio-économique n’est pas toujours le facteur d’influence principal des intoxications au CO. En effet, des conditions climatiques différentes peuvent avoir une influence notable. Les liens exacts entre le niveau-socioéconomique et les intoxications au monoxyde de carbone restent à confirmer. Il en est de même pour les liens entre niveau socio-économique et mortalité liée aux intoxications CO.

En conclusion, ces données témoignent de deux phénomènes. D’une part, le nombre d’intoxications au monoxyde de carbone est stable. D’autre part, la mortalité qui leur est liée tend à décliner progressivement. Cependant, la pertinence d’une partie des données primaires est incertaine. L’une des raisons est que les évaluations des intoxications au monoxyde de carbone sont pour partie imprécises. Ceci implique de considérer ces informations avec prudence. Les chercheurs suggèrent de mener des études de terrain dans les pays moins développés. Cela permettrait selon eux de confirmer les tendances que suggèrent les données du Global Health Data Exchange.

Références : Mattiuzzi C., Lippi G., 2019 : Worldwide epidemiology of carbon monoxide poisoning. [En ligne]. Human & Experimental Toxicology, 6p. Disponible en accès payant sur : https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0960327119891214?rfr_dat=cr_pub%3Dpubmed&url_ver=Z39.88-2003&rfr_id=ori%3Arid%3Acrossref.org&journalCode=hetb

Qualité de l’air intérieur dans les ERP – Résumé de la matinée d’information du 14 novembre 2019 à Lille

L’objectif de cette matinée d’information était de sensibiliser à l’importance de la qualité de l’air intérieur dans les ERP.

Retour sur l’obligation de surveillance de la qualité de l’air (QAI)

Les professionnels présents ont tout d’abord traité de l’obligation de surveillance de la qualité de l’air. Celle-ci s’applique aux propriétaires ou exploitant d’ERP accueillant des publics sensibles. Cette surveillance consiste en l’évaluation des moyens d’aération du bâtiment et la mise en oeuvre au choix d’une autoévaluation de la qualité de l’air ou d’une campagne de mesures de la qualité de l’air intérieur.

La surveillance périodique de la QAI doit être réalisée dans les établissements accueillant des enfants de moins de 6 ans (comme les crèches), les écoles maternelles et les écoles élémentaires. Une surveillance devra aussi avoir été effectuée :
-D’ici janvier 2020 pour les accueils de loisirs et les établissements d’enseignement ou de formation professionnelle de second degré (ex : lycées).
-D’ici janvier 2023 pour les autres établissements.

Des projets QAI inspirants

Les intervenants ont présenté plusieurs projets liés à la qualité de l’air intérieur :
-Une crèche écologique, située dans le Nord, qui combine efficacité thermique et qualité de l’air intérieur. Cette crèche a été conçue à l’aide de matériaux peu émissifs et en intégrant un système de ventilation performant. L’équipe sensibilise également les occupants et accompagne les gestionnaires dans le choix du mobilier, des produits de nettoyage et des jouets.
-Une action concrète pour améliorer la QAI : peindre en préservant la qualité de l’air, grâce à l’emploi de peintures labellisées.
-Le Contrat d’Objectifs pour l’accélération de la Troisième Révolution Industrielle (COTRI). Celui-ci permet l’articulation et/ou le pilotage de démarches favorisant la transition énergétique et écologique (TEE) et de territorialisation. Le COTRI Sambre-Avesnoirs, par exemple, s’articule autour de 9 objectifs favorisant la qualité de l’air. Il passe entre autres par la mise en oeuvre d’actions visant à améliorer la QAI dans les ERP.
-Le concours Cube.S, un challenge de réduction de la consommation d’énergie. Ce concours consiste à économiser un maximum d’énergie sur une période de 5 ans. Cette initiative montre que les actions visant à réduire la consommation énergétique peuvent aussi être bénéfices au niveau QAI.

Retrouvez l’article du CEREMA ainsi que des ressources complémentaires en cliquant ici.

Ventilation, qualité de l’air intérieur et confort thermique dans un bâtiment solaire passif

Objectif et méthodologie

Cette étude porte sur l’influence de la ventilation sur la qualité de l’air intérieur et sur le confort thermique dans un bâtiment solaire passif. Le bâtiment cible est une bibliothèque portugaise utilisant le rayonnement solaire comme source d’énergie. L’objectif était de favoriser simultanément réduction de la consommation énergétique, confort thermique et qualité de l’air intérieur (QAI).

Les chercheurs ont évalué la QAI et le confort thermique au cours de journées d’été et d’hiver classiques. Les chercheurs ont comparé la QAI et le confort thermique avec un renouvellement d’air passif et une ventilation active. Ils ont pour cela utilisé un outil numérique de simulation. Ils ont ainsi évalué le nombre d’heures d’inconfort par mois. Celles-ci pouvaient être liées à des températures inadaptées ou une QAI insuffisante. En évaluant le nombre d’heures d’inconfort, les chercheurs ont pu déterminer quel système permettait de les limiter le plus.

Constats

Pour les heures d’inconfort liées à la qualité de l’air intérieur, les chercheurs ont évalué le nombre d’heures où les concentrations de CO2 excédaient 1000 pm. Ce nombre correspond au niveau au-delà duquel le CO2 a des impacts négatifs concrets sur les performances psychomotrices. D’autre part, les résultats ont montré que la ventilation active permettait une meilleure maîtrise des concentrations de CO2 et un meilleur confort thermique.

Recommandations

A partir du nombre d’heures d’inconforts, les chercheurs ont déterminé des taux de renouvellement d’air de référence. Ces taux seraient les plus favorables à une bonne QAI et un bon confort thermique. En hiver, l’air devrait ainsi être renouvelé 2 fois par heure, et 3 fois par heure en été. Dans le cas étudié, l’application de ces taux a permis d’obtenir un bon confort thermique en été comme en hiver. De même, ils ont permis d’obtenir des concentrations de CO2 toujours inférieures à la limite de 1000 ppm. La méthodologie employée dans cette étude pourrait être appliquée à des bâtiments d’autres types et situés ailleurs. Cependant, cela nécessiterait d’adapter les valeurs limites de confort thermique et de qualité d’air intérieur en fonction des bâtiments.

Retrouvez l’étude (en libre-accès) sur https://www.mdpi.com/2073-4433/10/12/766.

Références : Conceição E., Gomes J., Awbi H., 2019 : Influence of the Airflow in a Solar Passive Building on the Indoor Air Quality and Thermal Comfort Levels. [En ligne]. Atmosphère, vol. 10, n°12.

Simulation de la qualité de l’air intérieur et de la qualité de l’air extérieur ainsi que des impacts sanitaires après une rénovation énergétique

Les travaux de rénovation énergétique peuvent avoir de nombreux intérêts. Il peut s’agir d’une réduction de la consommation énergétique, d’une amélioration de la qualité de l’air ambiant et d’une meilleure maîtrise des impacts environnementaux. Cependant, lorsque la rénovation ne s’accompagne pas de l’installation d’un système de ventilation adéquat, la qualité de l’air intérieur peut être détériorée. Le bâtiment peut ainsi avoir des impacts négatifs sur la santé de ses occupants.

Une ventilation adaptée : un paramètre indispensable

Cette étude évalue en premier lieu les économies d’énergie en comparant les dépenses énergétiques avant la rénovation et après la rénovation. Pour cela, l’étude prend appui sur les tarifs pratiqués pour le gaz et l’électricité dans le Massachusetts. Les chercheurs ont également évalué les impacts sanitaires en comparant les problèmes de santé constatés avant la rénovation et après la rénovation. L’objectif était de déterminer si les gains en termes de dépenses énergétiques équivalaient les bénéfices en termes sanitaires. Pour ce faire, ils ont monétisé les impacts sanitaires en leur associant une valeur monétaire. Cette valeur a été définie à partir de la valeur d’une vie humaine aux Etats-Unis (soit 7,4 milliards $).

Les chercheurs ont constaté que lorsque la rénovation ne s’accompagnait pas d’une rénovation du système de ventilation ou de filtration de l’air, les coûts sanitaires engendrés pour les habitants du bâtiment étaient amplifiés. Ils sont alors bien plus lourds que les économies d’énergies permises ainsi que les bénéfices obtenus en termes de santé publique. En revanche, lorsqu’il y a une rénovation du système de ventilation ou de filtration de l’air, des bénéfices concrets sont observables. Ces bénéfices se situent aussi bien au niveau de la santé des occupants des bâtiments que de la consommation énergétique ou de la santé publique.

Le problème de l' »effet-rebond »

Un article paru récemment dans The Conversation montre que les bénéfices induits par la rénovation énergétique peuvent être très limités. En effet, la principale motivation des ménages réalisant une rénovation énergétique est l’augmentation du confort. En pratique, l’augmentation du confort s’exprime par une augmentation de la température intérieure. Ceci résulte en une hausse de la consommation énergétique pour le chauffage : on parle d’effet-rebond. D’autre part, les économies d’énergie peuvent aussi être limitées en raison d’une rénovation de mauvaise qualité. Dans ces deux cas, les bénéfices en termes environnementaux et économiques sont fortement amoindris. En effet, les économies d’énergies sont alors très modérées et la facture ne diminue par conséquent que faiblement.

Références : Underhill L. J., Milando C. W., Levy J. I., Stuart Dols W., Lee S. K., Patricia Fabian M, 2019 : Simulation of indoor and outdoor air quality and health impacts following installation of energy-efficient retrofits in a multifamily housing unit. [En ligne]. Building and Environment. Disponible (accès payant) sur : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S036013231930719X.

Relations entre tabagisme, concentrations intérieures en PM2,5 et maladies pulmonaires chroniques

De récentes études ont montré les liens entre les PM2,5 et les maladies pulmonaires chroniques. Cet article s’intéresse d’une part aux relations entre le tabagisme et les concentrations en PM2,5 dans l’air intérieur, et d’autre part aux mécanismes sous-tendant le lien entre fumée de tabac, concentrations intérieures en PM2,5 et maladies pulmonaires chroniques. Pour ce faire, les chercheurs ont fait une revue de la littérature existant sur ces deux sujets.

Les chercheurs concluent que la fumée de tabac est la principale source de particules PM2,5 en intérieur. Ils soulignent l’importance de cette problématique en raison du temps important que passent les individus à l’intérieur (80 à 90% du temps). Diverses études récentes ont montré que la fumée de tabac ambiante et ses résidus ainsi que les particules PM2,5 étaient deux facteurs favorisant le développement de maladies pulmonaires chroniques. Ces facteurs semblent notamment favoriser le développement d’un cancer du poumon, d’asthme ou de maladie pulmonaire obstructive chronique.

Les scientifiques ayant conduit cette étude expliquent d’autre part que des études épidémiologiques doivent encore être menées sur les particules PM2,5 spécifiquement issues de la fumée ainsi que sur les risques associés à l’utilisation de l’e-cigarette et des dispositifs IQOS.

Références : Ni Y., Shi G., Qu J., 2019 : Indoor PM2,5, tobacco smoking and chronic lung diseases: A narrative review. [En ligne]. Environmental Research. Disponible en libre-accès sur : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013935119307078 .

Pour plus d’informations sur les risques associés à l’e-cigarette et aux dispositifs IQOS : https://www.appa.asso.fr/la-cigarette-electronique-sous-surveillance/ et https://www.appa.asso.fr/sticks-de-tabac-a-chauffer-quelles-emissions-de-polluants/

Changement de l’appareil de chauffage au bois & qualité de l’air intérieur

Les études CARVE et QAI-Arve ont montré que ce renouvellement favorisait une meilleure QAI. L’objectif de ces études de l’INERIS était d’observer si le renouvellement d’appareils de chauffage non performants permettait une amélioration de la qualité de l’air intérieur.

Des mesures ont été réalisées au sein du domicile de particuliers afin de répondre à cette question, avant le renouvellement de l’appareil de chauffage et après. Ces mesures ont montré que l’installation d’un appareil de chauffage récent permettait de meilleures performances en termes d’énergie ainsi qu’une diminution des polluants dans l’air intérieur.

De plus, les études CARVE et QAI-Arve ont aussi montré que pour obtenir ces bénéfices, adopter de bonnes pratiques était essentiel : appareil aux dimensions adaptées au logement et aux besoins, utilisation d’un combustible sec de qualité, bonne gestion des entrées d’air de l’appareil, entretien régulier.

A consulter :

Rapport de l’étude QAIHOSP : Qualité de l’air intérieur dans deux établissements hospitaliers

La pollution de l’air intérieur était faible dans les deux bâtiments observés. Pour cette étude, des campagnes de mesure des paramètres de confort et des concentrations en plusieurs polluants chimiques (COV, COSV), physiques (PM10, PM2.5) et microbiologiques (moisissures, bactéries et virus) ont été réalisées dans deux établissements situés à Rennes et à Nancy.

La faible pollution de l’air intérieur constatée peut être expliquée par les systèmes de ventilation performants des bâtiments étudiés, qui permettent un bon renouvellement d’air. Des variations au niveau des concentrations des polluants ont été observées selon les activités de soin et les usages. Cette étude pourra permettre d’établir des recommandations relatives à la qualité de l’air intérieur dans les établissements de santé.

Retrouvez l’étude complète ici.