Les 9 projets lauréats de l’appel à propositions de recherche « Qualité de l’air, changement climatique, énergie » – Programme PRIMEQUAL

Le programme PRIMEQUAL

Lancé en 1995 et copiloté par l’Ademe et le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, le programme PRIMEQUAL (Programme de Recherche Interorganisme pour une Meilleure Qualité de l’Air) vise à fournir à l’ensemble des acteurs de la qualité de l’air les bases scientifiques et les outils nécessaires à l’amélioration de la qualité de l’air intérieur et extérieur de façon à réduire les risques en matière de santé et d’environnement.

Par ailleurs, ce programme se caractérise, depuis l’origine, par son caractère très largement pluridisciplinaire. Il réunit ainsi les nombreuses disciplines impliquées dans la qualité de l’air, physico-chimie et modélisation, sciences de la vie/santé et sciences humaines et sociales.

Avec ce dernier appel à propositions de recherche, le programme PRIMEQUAL se termine. Il sera cependant prochainement remplacé par le programme AQACIA (Amélioration de la qualité de l’air : comprendre, innover, agir). Piloté par l’ADEME, AQACIA regroupe en un seul ensemble tous les besoins de recherche en matière de qualité de l’air traités jusque là via les programmes PRIMEQUAL et CORTEA. Il englobe aussi le volet recherche du programme AACT-AIR et le volet air d’IMPACTS.

Lauréats de l’édition 2019

Pour cette édition du programme PRIMEQUAL, 9 projets ont été retenus. Ces projets, qui bénéficieront d’un financement de l’ordre de deux millions d’euros. ont été répartis en 4 grandes thématiques :

Activités agricoles

– Projet RECAPS «Interactions et rétroactions entre changements climatiques et pollutions de l’air : impact des pratiques agricoles visant à augmenter le stockage du carbone du sol à l’échelle de la France », coordonné par l’INRAE

Aménagement et dynamiques territoriales / Politiques publiques

– Projet ACRA «Accord de Paris, co-bénéfices et risques liés à la qualité de l’air », coordonné par l’INERIS
– Projet PACC-MACS «Pollution atmosphérique et changement climatique : scénarios mobilité, aménagement urbain et chauffage pour protéger la santé », coordonné par l’INSERM
– Projet SOURCE «Stratégies innovantes pour s’adapter au dérèglement climatique et améliorer la qualité de l’air et environnementale des villes », coordonné par le CSTB

Mobilités et transports

-Projet ACACIAS «Analyse croisée air, climat, énergie et impacts socio-économiques », coordonné par l’IFPEN
– Projet FRAME «Cadrage de l’information pour la promotion d’une mobilité durable », coordonné par l’IFSTTAR

Bâtiments

-Projet BARIAIR «Protection des bâtiments aux pollutions de sols par réduction des intrusions vers l’air intérieur : outils en conception, chantier et analyse prospective de l’impact du changement climatique », coordonné par BURGEAP
-Projet BATENQUE «Bâtiments, énergie, qualité de l’air et exposition », coordonné par le LMD (Laboratoire de Météorologie Dynamique)
-Projet AMBRES «Approche multicritères pour un bâtiment résilient et sain », coordonné par OCTOPUS LAB

Consultez l’article original de l’Ademe sur https://presse.ademe.fr/2020/07/programme-de-recherche-primequal-lademe-revele-les-9-projets-laureats-de-lappel-a-propositions-de-recherche-qualite-de-lair-changement-climatique-energie.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+ademe-presse+%28presse%29

Santé des enfants : impact de la pollution de l’air intérieur ainsi des paramètres physiques et de confort

Dans le cadre de l’étude SINPHONIE, des chercheurs ont collecté dans 115 écoles de 54 pays européens des données relatives à la qualité de l’air intérieur ainsi qu’à divers paramètres physiques et de confort. Sur ce premier axe, les données montrent que les élèves sont fréquemment exposés à des concentrations en polluants supérieures aux valeurs guides européennes.

Les chercheurs ont ensuite comparé ces mesures avec les symptômes développés par les enfants. Ils ont constaté que les enfants les plus exposés aux particules PM2,5, au benzène, au limonène, à l’ozone et au radon avaient plus tendance à souffrir de symptômes respiratoires, oculaire ou systémiques. Plus encore, l’exposition au limonène et à l’ozone semble favoriser les symptômes de tout type. D’autre part, les observations ont montré que tous les composés organiques volatils (COV) favorisaient les symptômes au niveau des voies respiratoires inférieures et supérieures ainsi que les troubles systémiques.

L’étude a également permis de mettre en valeur l’effet protecteur de certains paramètres physiques et de confort. En effet, plus le taux de ventilation est bon, plus le risque de développer des symptômes oculaires diminue. De la même manière, l’augmentation de la température semble aller de pair avec une diminution des symptômes au niveau des voies respiratoires supérieures.

 

Références : Baloch R. M., Maesano C. N., Christoffersen J., 2020 : Indoor air pollution, physical and comfort parameters related to schoolchildren’s health: Data from the European SINPHONIE study. [En ligne]. Science of the Total Environment, vol. 739, 14 p. Disponible en accès payant sur https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2020.139870.

Bulletin RSEIN hors-série : « Sites et sols pollués et air intérieur »

Dans ce bulletin hors-série, RSEIN revient les projets Fluxobat, TEMPAIR, EFEMAIR, AGIR QAI, CAPQAI, EVALSDS et BATICOV. Ces sept projets ont aidé à développer les connaissances et méthodologies relatives à l’évaluation, à la mesure, à la prévention et au traitement des transferts de polluants volatils présents dans les sols pollués vers l’air intérieur des bâtiments. RSEIN détaille dans son bulletin leur contexte, leurs grands axes, leurs objectifs, leurs résultats ainsi que leurs livrables.

Pour en savoir plus, consultez le bulletin du réseau RSEIN sur https://rsein.ineris.fr/images/bulletin_RSEIN_HorsSerie_SSP-Air_int%C3%A9rieur_ID_2194410.pdf

Enquête « Santé environnement intérieur – Comportements et risques d’exposition aux polluants intérieurs » (ARS Nouvelle Aquitaine)

Cette enquête réalisée par l’ARS Nouvelle Aquitaine s’inscrit dans le cadre de la politique de la région en matière de prévention et de promotion de la santé environnementale en période périnatale et durant la petite enfance. L’enquête a été conduite dans 44 maternités auprès de 2621 femmes au moyen d’un questionnaire divisé en cinq grandes parties thématiques : pratiques autour du bébé, consommation, aération du logement, connaissance des sources de pollution au sein du logement, profil socio-démographique. La grande majorité des questionnaires retournés (soit 2515) ont pu être exploités.

Si les recommandations en matière de santé environnement sont globalement bien appliquées, on observe des écarts selon le profil socio-démographique de la personne :

• Pratiques autour du bébé : Plus les jeunes mamans étaient diplômées, plus elles avaient tendance à utiliser des biberons en verre et à connaître les labels écologiques présentés dans le questionnaire. Pour la toilette de l’enfant, l’enquête a permis d’observer que le liniment oléocalcaire était largement privilégié par les jeunes mamans, suivi de la toilette à l’eau. Néanmoins, plus leur niveau de diplôme était bas, moins elles étaient nombreuses à employer ces deux méthodes. De la même manière, plus leur niveau de diplôme était bas, plus elles étaient nombreuses à utiliser des lingettes ou du lait de toilette.

• Habitudes de consommation : L’enquête a aussi révélé une influence du profil socio-démographique. Concernant les produits ménagers et les produits cosmétiques, les femmes les plus diplômées étaient plus sensibles à la labellisation écologique, tandis que les moins diplômées privilégiaient davantage la marque et le prix. Pour les produits d’hygiène, l’ARS a constaté que la labellisation était davantage un critère de choix pour les femmes en activité ou en études que pour celles au chômage ou au foyer.

• Connaissance des sources de pollution au sein du logement :D’autre part, plus les femmes étaient diplômées, mieux elles identifiaient les risques liés aux produits d’intérieur. Ce constat s’appliquait particulièrement aux meubles : seule une faible part des femmes interrogées connaissait vraiment les risques sanitaires associés, et il s’agissait majoritairement de femmes de niveau Bac +2 et plus. Les pratiques sont globalement encourageantes, puisque moins de la moitié des femmes interrogées utilisent des produits d’ambiance et des insecticides au sein de leur domicile. Seuls 3% d’entre elles utilisent des traitements pour plantes d’intérieur au sein du domicile. De la même manière, elles sont largement majoritaires à aérer tous les jours ou presque. Au niveau du tabac, cependant, il est plus fréquent que quelqu’un fume au domicile des femmes non diplômées.

Pour finir, l’enquête fait le point sur les sources d’informations en santé environnementale. Les médias (presse, radio, TV, Internet, cinéma) et l’entourage sont les principales. Les professionnels de santé sont cités par 24% des femmes interrogées, derrière les réseaux sociaux (25%). De plus, les ateliers à la maternité n’ont été cités que par 6% des femmes.

Retrouvez le rapport complet sur https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/system/files/2020-02/Rapport_Enquete_Maternites_2020.pdf et la synthèse sur https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/system/files/2020-02/Synthese_Enquete_Maternite_2020.pdf

Sprays et diffuseurs d’huiles essentielles : méfiance !

Suite à son rapport d’expertise paru en mars, l’Anses rappelle les conséquences sur la qualité de l’air intérieur et la santé de l’utilisation de sprays et de diffuseurs d’huiles essentielles. Ceux-ci, souvent promus comme « épurateurs » ou « assainisseurs » de l’air intérieur, peuvent favoriser une irritation des yeux, des voies aériennes supérieures ainsi que de la toux ou des difficultés respiratoires.

En effet, ces produits émettent des composés organiques volatils (COV). Ces polluants viennent s’ajouter à ceux déjà présents dans l’air intérieur et issus d’autres sources, comme les produits ménagers ou l’ameublement. De plus, pour l’heure, les connaissances sont insuffisantes pour estimer précisément les COV issus des sprays et diffuseurs. Des précautions particulières sont ainsi requises pour les personnes sensibles, comme les enfants ou les personnes atteintes de maladies respiratoires.

Dans son article, l’Anses formule plusieurs recommandations simples à destination des particuliers comme des professionnels :
-conserver les produits à risques (dont les sprays et diffuseurs) hors de portée des enfants
-limiter les sources de pollution de l’air intérieur. Ceci permet de limiter les accumulations de polluants, comme les COV, dans l’air intérieur.
-bien aérer afin de renouveler suffisamment l’air
-pour les professionnels, signaler rigoureusement les cas de symptômes respiratoires suite à l’utilisation de sprays ou de diffuseurs d’huiles essentielles. L’étude de toxicovigilance menée par l’Anses a d’ailleurs révélé de nombreux cas d’intoxications en lien avec une exposition accidentelle à ces produits, le plus souvent chez les jeunes enfants.
-poursuivre les recherches sur les conséquences de ces dispositifs sur l’air intérieur et la santé

L’Anses rappelle également que les huiles essentielles ne constituent en aucun cas un moyen de lutte efficace contre le coronavirus. Leur sur-utilisation dans le contexte actuel est donc non seulement inutile, mais aussi potentiellement dangereuse.

Retrouvez l’article de l’Anses sur https://www.anses.fr/fr/content/sprays-et-diffuseurs-%C3%A0-base-d%E2%80%99huiles-essentielles-l%E2%80%99anses-appelle-%C3%A0-la-vigilance-00

Présentation du « Finnish Indoor Air and Health Programme 2018-2028 »

Contexte

De plus en plus consciente de l’importance de la qualité de l’air pour la santé et le bien-être des personnes, la Finlande a initié au cours des dernières années des actions diverses en faveur de la réduction de la pollution de l’air intérieur. L’objectif principal des initiatives prises était la prévention et la réduction de l’exposition aux polluants intérieurs. Pour parvenir à une meilleure qualité de l’air au sein des bâtiments existants et futurs, la Finlande a notamment misé d’une part sur le conseil et d’autre part sur la réglementation.

Pourtant, malgré ces mesures, les problèmes de qualité d’air intérieur (QAI) et les symptômes qui en découlent restaient monnaie courante en Finlande. Le manque d’efficacité des actions engagées s’explique entre autres par les vifs débats sur la qualité de l’air intérieur et sur ses impacts mais aussi par un manque de confiance envers les autorités publiques, les propriétaires et les constructeurs de bâtiments, ces deux points freinant le passage à l’action.

D’autre part, les différentes actions engagées et les limites rencontrées ont permis de mettre en avant un besoin d’accompagnement et d’informations fiables en direction des Finlandais. La Finlande a également pu constater que l’amélioration significative de la qualité de l’air intérieur dans les bâtiments nécessitait des investissements conséquents. Elle a ainsi pu conclure que de nouvelles méthodes, de nouvelles perspectives et de nouvelles solutions étaient requises.

Axes et objectifs du Finnish Indoor Air and Health Programme

En réponse à ces problématiques, l’Institut Finlandais de la Santé et du Bien-être a initié le Finnish Indoor Air Programme dès 2018. Celui-ci, d’une durée de 10 ans, vise à progresser de manière concrète sur la question de la qualité de l’air intérieur au sein des bâtiments finlandais. Plus précisément, son objectif final est la réduction globale des symptômes liés à l’air intérieur à travers le pays. Le programme vise ainsi à :
1) Promouvoir la santé et le bien-être des personnes
2) Prévenir les risques liés à la QAI
3) Communiquer plus sur les enjeux de la QAI
4) Encourager le personnel soignant à mieux prendre en compte et gérer les symptômes liés à la QAI rapportés par les personnes

Dans ce cadre, plusieurs objectifs ont été fixés :
1) Etudier davantage les conséquences de l’environnement intérieur sur la santé et le bien-être
2) Développer une meilleure gestion des problèmes liés à l’environnement intérieur
3) Développer la prise en charge des personnes présentant des pathologies liées à l’environnement intérieur
4) Former à la gestion et à l’amélioration de la qualité de l’air intérieur

Les avancées vis-à-vis de ces différents objectifs seront régulièrement évaluées de manière à contrôler la progression du programme et l’efficacité des actions entreprises dans son cadre.


Références : Lampi J., Hyvärinen A., Erhola M. et al., 2020 : Healthy people in healthy premises: the Finnish Indoor Air and Health Programme 2018–2028. [En ligne]. Clinical and Translational Allergy, vol. 10, n°4. Disponible en libre-accès sur https://ctajournal.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13601-020-0308-1 .

Etude de l’impact de la combustion de bois sur la qualité de l’air intérieur

La combustion de biomasse, et notamment de bois, est reconnue comme une source notable de polluants, en particulier de particules. De nombreuses études ont déjà été menées pour estimer les émissions polluantes de la combustion du bois ou encore à propos des possibilités de réduire cette pollution et ainsi améliorer la qualité de l’air.

Objectif & méthodologie

La présente étude s’intéresse aux émissions de monoxyde de carbone (CO), de dioxyde de carbone (CO2) et de particules PM10 liées à la combustion de bois à l’intérieur et à l’extérieur de deux logements ruraux non-occupés localisés au Portugal. L’un des deux logements observés disposait d’une cheminée à foyer ouvert et l’autre d’un poêle à bois. Les chercheurs ont comparé les émissions polluantes dans l’air intérieur selon le type d’équipement. En réalisant des mesures à l’extérieur, les chercheurs avaient deux objectifs :
-évaluer l’impact de l’utilisation d’appareils de chauffage au bois sur la qualité de l’air de manière globale
-évaluer et prendre en compte l’impact de la qualité de l’air extérieur sur la pollution de l’air intérieur, par l’infiltration des polluants extérieurs

Les chercheurs ont mesuré les différents polluants d’intérêt au cours de l’utilisation de ces deux types d’appareils. Pour évaluer spécifiquement les émissions polluantes de ces appareils, seuls ceux-ci ont fonctionné durant les mesures.

La cheminée à foyer ouvert potentiellement plus polluante

Les mesures ont permis d’observer que la combustion de bois avait une influence variable selon les polluants. Ainsi, les concentrations en CO2 ne variaient que faiblement lors du fonctionnement de l’appareil à combustion. En revanche, le fonctionnement des deux types d’appareils a fait considérablement augmenter les concentrations de CO et de particules PM10 dans l’air intérieur. Ce phénomène se vérifiait tout particulièrement au cours du fonctionnement de la cheminée à foyer ouvert. Les concentrations en particules PM10 dans l’air intérieur ont d’ailleurs largement dépassé celles dans l’air extérieur.

Pour finir, les chercheurs ont comparé les émissions d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) par les deux appareils. Les échantillons de PM10 ont permis d’identifier 20 HAP différents ainsi que leurs concentrations en cas d’utilisation de l’un ou de l’autre type d’appareil. Ils ont observé que la cheminée à foyer ouvert était davantage source de HAP que le poêle à bois. Une augmentation globale des concentrations de rétène, dans l’air intérieur comme dans l’air extérieur, a notamment été constatée. Les concentrations en benzo[a]pyrènes, l’un des HAP les plus cancérogènes selon l’OMS, ont elles-aussi considérablement augmenté au cours du fonctionnement de la cheminée. Les auteurs ont conclu qu’à long terme l’usage d’une cheminée à foyer ouvert, en raison des émissions de HAP qui en résultent, serait plus à même de favoriser le développement d’un cancer.

Conclusion & limites de l’étude

Cette étude montre donc que l’utilisation d’appareils de combustion influence fortement les concentrations intérieures en polluants. Les concentrations en CO et en particules PM10, notamment, semblent considérablement augmenter.

D’autre part, les cheminées à foyer ouvert seraient davantage associées à des risques sanitaires que les poêles à bois. Cependant, de nombreux facteurs d’influence éventuels (système, type de bois utilisé, configuration de la pièce…) n’ont pas été pris en compte. Il n’est donc pas possible de généraliser les constats. Qui plus est, ceux-ci appellent à réaliser d’autres études sur l’impact des appareils de combustion de bois sur la qualité de l’air.

 

Références : Vicente E. D., Vicente A. M., Evtyugina M. et al., 2020 : Impact of wood combustion on indoor air quality. [En ligne]. Science of The Total Environment, 705, 17p.

Retrouvez l’étude (en accès payant) sur https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S004896971935764X?via%3Dihub

Évaluation du risque radon dans une école basse consommation au Portugal

Objet de l’étude

Des chercheurs ont mesuré pendant un mois au cours du printemps 2018 les concentrations en radon dans une école portugaise basse consommation. Celle-ci avait récemment fait l’objet d’une rénovation et ne disposait pas de système Chauffage Ventilation Climatisation (CVC). Les chercheurs ont évalué l’influence de variables telles que l’occupation, la localisation des pièces ou encore les stratégies de ventilation à l’œuvre. L’objectif final de l’étude était d’estimer le risque d’exposition au radon dans les bâtiments basse consommation.

Des concentrations en radon préoccupantes

Avec une approche purement réglementaire, en considérant la limite de 300 Bq/m3 fixée par la législation portugaise (similaire dans la réglementation française) pour le radon, 46% des pièces présentaient des concentrations en radon associées à un risque sanitaire élevé. Cependant, en considérant les recommandations du Centre International de protection radiologique concernant l’exposition au radon, presque toutes les pièces (93%) présentaient des concentrations préoccupantes.

La problématique de l’exposition cumulée

De plus, les chercheurs soulignent que l’étude ne tient pas compte de l’éventuelle exposition cumulée. En effet, le radon peut également être présent dans l’air intérieur du domicile des occupants. Les risques sanitaires sont alors encore plus importants. Les auteurs précisent aussi que leurs constats ne sont valables que pour des scénarios similaires à celui de cette école. Ils ne peuvent ainsi s’appliquer qu’à des bâtiments aux faibles dépenses énergétiques pour le confort thermique et le renouvellement d’air.

Une problématique qui concerne aussi l’habitat

Les chercheurs font aussi le parallèle avec une autre étude qu’ils ont réalisée. Cette étude portait également sur les concentrations intérieures en radon, mais cette fois au sein de logements portugais. Elle avait aussi montré qu’en cas de renouvellement d’air inadéquat, les concentrations en radon explosaient. Elles pouvaient ainsi dans ce cas excéder considérablement la limite de 300 Bq/m3. Dans le cas de l’école, les mesures ont permis d’observer que la seule et unique pièce où les concentrations en radon étaient inférieures à 200 Bq/m3 était la plus ventilée, qui disposait de grilles d’aération. L’étude évoquée et le présent travail témoignent de l’importance de l’installation de systèmes permettant un renouvellement d’air suffisant. Ceux-ci sont essentiels pour maîtriser les risques sanitaires associés au radon, tels que le cancer du poumon.


Références : Curado A., Silva J. P., Lopes S. I., 2020 : Radon risk assessment in a low-energy consumption school building: A dosimetric approach for effective risk management. [En ligne]. Energy Reports, vol. 6, p. 897-902. Disponible en libre-accès sur https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352484719312739

Asthme de l’enfant & produits ménagers

Objectif & méthode

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de l’exposition aux produits ménagers durant la petite enfance et l’apparition chez l’enfant de pathologies respiratoires et d’allergies. Pour cela, les chercheurs se sont appuyés sur les données issues de la cohorte Canadian Healthy Infant Longitudinal Development (CHILD).

Les chercheurs se sont plus précisément intéressés à la fréquence d’usage de 26 produits ménagers au sein du domicile de 2022 enfants lorsque ceux-ci avaient entre 3 et 4 mois. A partir de ces données, ils ont déterminé un score correspondant à la fréquence globale d’usage de produits ménagers. Les chercheurs ont ensuite comparé ce score avec les diagnostics d’asthme, de respiration fréquemment sifflante ou encore de terrain atopique chez ces enfants à l’âge de 3 ans.

Résultats & conclusions

Les données ont permis de constater que les enfants qui avaient été les plus fréquemment exposés aux produits ménagers étaient aussi ceux chez qui le risque de respiration sifflante, de respiration sifflante avec terrain atopique et d’asthme était le plus élevé. En revanche, cette exposition fréquente aux produits ménagers n’a pas semblé avoir d’influence sur le terrain atopique seul. Par ailleurs, les données laissent aussi supposer que les risques de développer ces problèmes de santé sont plus élevés chez les enfants de sexe féminin. Cette étude ne permet cependant pas de conclure sur cette influence du sexe.

En conclusion, ce travail apporte de nouvelles connaissances sur le lien entre l’exposition aux produits ménagers durant la petite enfance et le développement de pathologies respiratoires. Il vient ainsi souligner l’importance de la prévention vis-à-vis des produits ménagers dans l’optique de préserver la santé des jeunes enfants.

De façon surprenante cependant, cette étude ne mentionne pas les ammoniums quaternaires (présents dans les produits ménagers), qui sont la première cause d’asthme professionnel d’origine chimique en France1

Références : Parks J., McCandless L., Dharma C. et al., 2020 : Association of use of cleaning products with respiratory health in a Canadian birth cohort. [En ligne]. CMAJ, vol. 192, n°7, p.E154-E161. Disponible sur https://www.cmaj.ca/content/192/7/E154

 

1. Pour en savoir plus :
Le Moual N., 2014 : Étude de l’asthme chez les personnels hospitaliers et de ménage : Rôle des expositions professionnelles ou domestiques aux produits de nettoyage et de désinfection dans l’asthme. [En ligne]. Les cahiers de la Recherche : Santé, Environnement, Travail, La santé au travail : comprendre où en est la recherche, p. 29-31. Disponible sur https://www.anses.fr/fr/system/files/CDLR-mg-SanteTravail4.pdf 
Le Moual N., Dumas O., 2016 : Asthme et produits ménagers. [En ligne]. La Lettre du Pneumologue, vol. 19, n°6. Disponible sur https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/24892.pdf 

Désodorisants non-combustibles et qualité de l’air intérieur

Cette étude s’inscrit dans le cadre du Plan d’Actions sur la Qualité de l’Air Intérieur (PQAI). Le PQAI encadre les actions des pouvoirs publics visant à diminuer l’exposition aux polluants de l’air intérieur. Ici, l’Ineris s’intéresse en particulier aux désodorisants non combustibles. Ces produits se divisent sont en trois grandes catégories : les sprays aérosols, les diffuseurs passifs (sans source d’énergie) et les diffuseurs actifs (avec source d’énergie). Par cette étude, l’Ineris avait pour objectif d’identifier les polluants émis par chacun de ces types de désodorisants non combustibles. Dans un second temps, l’Ineris souhaitait évaluer dans quelle mesure ces émissions présentaient un risque sanitaire.

Méthodologie

Pour réaliser son étude, l’Ineris a exploité deux sources d’informations :
-un sondage national sur les usages des désodorisants non combustibles, datant de 2017 et réalisé par l’institut de sondage Ifop
-des mesures des émissions de ces produits, réalisées en 2017 également par le Centre Scientifique et Technique du bâtiment (CSTB) en chambre d’essai. Ces mesures se sont concentrées sur les émissions de composés organiques volatils (COV) des désodorisants, et ont englobé des produits très variés (vaporisateurs, brûle-parfum, diffuseurs automatiques…)

A partir des résultats du sondage, l’Ineris a déterminé deux scénarios d’exposition génériques :
-le premier met en scène un utilisateur aux pratiques et caractéristiques environnementales « dans la moyenne ». L’utilisateur recourt alors couramment à des sprays aérosols et des diffuseurs actifs, soit plusieurs fois par semaine dans la plupart des pièces. Il utilise également en continu des diffuseurs actifs à raison de 10 mois/an.
-le second scénario correspond à un utilisateur ayant une utilisation plus intensive des désodorisants. Ce scénario correspond à un usage quotidien de sprays aérosols, au moins une fois par pièce, ainsi qu’utilisation continue de diffuseurs actifs et passifs à raison de 11 mois/an.

A partir de ces scénarios et des données du CSTB, l’Ineris a évalué les expositions chroniques et de courte durée aux polluants.

Des émissions polluantes a priori non préoccupantes

L’Ineris a conclu qu’avec le premier scénario, l’individu était exposé à des concentrations de polluants inférieures aux valeurs repères considérées (concentrations limite d’intérêt et valeurs guides de qualité de l’air intérieur). Ce constat est valable aussi bien pour les expositions chroniques que pour les expositions cumulées, c’est-à-dire à plusieurs substances simultanément. Mais l’Ineris a également conclu que le scénario 2 n’induisait pas non plus de dépassement des valeurs repères.

En somme, selon cette étude, les désodorisants non-combustibles ne semblent pas entraîner d’exposition chronique préoccupante aux polluants, que ce soit avec un usage dans la moyenne ou intensif. De la même manière, en ce qui concerne les expositions de courte durée, il n’y a eu de dépassement des valeurs repères que pour le brûle-parfum. Cependant, ce dernier constat incite à étudier plus en détails ce type de produit et ses impacts sur l’air intérieur.

Des effets sanitaires encore incertains

L’Ineris s’est aussi intéressé aux impacts sanitaires des polluants émis par les désodorisants non combustibles. Ces produits sont source de limonène, de formaldéhyde, mais aussi de benzène, de benzaldéhyde et de β-pinène, des polluants préoccupants. Les deux premiers sont notamment associés à des irritations respiratoires et oculaires. De plus, le formaldéhyde et le benzène sont des substances reconnues comme cancérigènes.

L’Ineris attire l’attention sur le fait que les désodorisants non-combustibles peuvent émettre d’autres polluants associés à des risques sanitaires. Il peut s’agir de phtalates ou encore de nanoparticules. La vigilance est donc de mise étant donné le manque de connaissances actuel à propos de leurs effets. D’autre part, l’Ineris précise que les données disponibles sur la pollution de l’air par les désodorisants non-combustibles sont très peu nombreuses. En conséquence, la présente étude ne suffit pas pour conclure sur leurs impacts sur la QAI.

Pour finir, l’Ineris attire aussi l’attention sur les effets cocktails possibles des COV observés. Les recherches sur ce sujet sont encore en cours, et l’on ne dispose donc pour l’heure que de connaissances insuffisantes. Or, ces effets cocktails pourraient induire un risque sanitaire. Et ce même si les concentrations de polluants émis restent inférieures aux valeurs repères. En conclusion, cette étude de l’Ineris apporte des informations sur les risques sanitaires liés à l’usage de désodorisants non-combustibles. Cependant, des données supplémentaires doivent confirmer ces constats.

Retrouvez le rapport de l’Ineris sur https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/Rapport-Ineris-20-200840-1997302-v1-MTES-BSE_DNC_complet.pdf