Exposition environnementale au trichloroéthylène chez les riverains de sites pollués en Île-de-France

Depuis 2013, la Cellule d’intervention en région Île-de-France (Cire IdF / Santé publique France) a été mobilisée à trois reprises par l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France pour évaluer les expositions et risques sanitaires associés à la présence de trichloroéthylène (TCE) chez des riverains, suite à la détection de concentrations ambiantes anormales de TCE dans l’air des logements. En l’absence de recommandations nationales sanitaires spécifiques, l’enquête de Santé publique France a permis de contribuer à la décision d’une prise en charge sanitaire et d’un relogement temporaire des familles impliquées.

Une pollution au trichloroéthylène (TCE) a été détectée à proximité d’anciens sites industriels franciliens. Les concentrations mesurées dans l’air des logements des riverains étaient jusqu’à 90 fois supérieures à la Valeur d’Action Rapide (10 μg/m3) recommandée par le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) pour le déclenchement d’actions correctrices sous 6 mois.

En l’absence de recommandations nationales sanitaires spécifiques, l’Agence régionale de santé d’île-de-France a sollicité Santé publique France pour évaluer les expositions au TCE et les risques associés et pour contribuer à la décision d’une prise en charge sanitaire et d’un relogement temporaire.
L’étude des dangers et des relations doses-réponses s’est basée sur les synthèses toxicologiques disponibles. Les excès de risques individuels ont été calculés et l’impact sanitaire a été estimé. La pertinence de la surveillance biométrologique des expositions a été évaluée avec des toxicologues. Pour éclairer la question du relogement, les situations conduisant à des risques inacceptables ont été identifiées pour différents couples (concentration X durée d’exposition).
Aux concentrations mesurées, les effets dont il faut protéger les riverains sont cancérigènes. L’exposition individuelle peut théoriquement être suivie par la concentration sanguine du TCE, mais la sensibilité des méthodes de dosage est encore insuffisante pour qu’un suivi biométrologique soit possible. Le sur-risque très faible de cancer lié à l’exposition et l’absence de biomarqueurs d’effets précoces ne sont pas en faveur de l’organisation d’un dépistage spécifique. Cependant, pour les familles les plus exposées, le maintien dans le logement pendant les travaux de dépollution (3 ans en moyenne) conduirait à des excès de risque inacceptables.

Portés à la connaissance des instances nationales, ces résultats ont contribué à une réponse du HCSP (11/02/16) précisant que sur l’un des sites pollués, le relogement des personnes les plus exposées devait être envisagé sans délai.

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Source : Santé Publique France